Un homme qui fume c’est plus sain, ça a déjà commencé

Crédits photo: Christian Berthelot

Après une participation remarquée au Festival Impatience, à l’occasion duquel ils remportèrent le Prix des Lycéens, le collectif Bajour amène son spectacle Un homme qui fume c’est plus sain. Histoire supposément banale d’une famille qui se trouve en fait être vérolée par des secrets et des rancœurs plus ou moins avouables, Un homme qui fume c’est plus sain est brillamment mené par ce groupe de huit comédiennes et comédiens. Assurément un spectacle à voir durant ce festival.

Crédits photo: Christian Berthelot

Est-ce que ça a commencé ? demande l’un des comédiens au public. Est-ce que parce que j’ai commencé à parler, vous pensez que ça a commencé ? L’entrée en matière est aussi drôle qu’entreprenante et donne le ton : comédiennes, comédiens et spectateurs de tout poil, nous sommes là pour vivre quelque chose ensemble. Tout démarre sur une scène de bain. La fratrie est vraisemblablement nombreuse et l’ambiance est gaguesque. Tout laisse à penser lorsqu’on les retrouve, après quelques années, que l’enfance fut heureuse, quoique chahutée, comme dans toutes les familles élargies. Mais, alors que tous se réunissent pour l’enterrement du paternel dans une ambiance plutôt bon enfant, se dégagent les non-dits, les ressentiments, les drames parfois.

La situation est plutôt classique, les ressorts narratifs également. Pour autant, on ne s’ennuie pas une seconde, et on prend même un malin plaisir à voir cette joyeuse bande s’agiter au plateau, entre séquences improvisées, théâtre physique, blagues potaches et flashbacks soignés. Quelques références placées l’air de rien, que l’on reconnaît ou non, mais finalement on s’en fout : pas pédant pour un sou, le collectif Bajour met tout son talent au service du spectateur avec la volonté acharnée de l’embarquer dans son univers aussi drôle que ludique. Des questions pas si folles, posées l’air de rien également: comment se construisent les trajectoires individuelles ? à qui appartient la mobilité sociale et géographique ? comment s’agencent les rapports familiaux ? et quand s’arrête un spectacle ?

Le tout est intelligemment construit, et malgré quelques ellipses – ou rapidités – narratives, on ressort ravi d’avoir assisté à un moment de théâtre aussi festif que bien mené. Un homme qui fume c’est plus sain s’impose véritablement comme l’une des très belles surprises de ce festival !

Bertrand Brie

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