Tichèlbè, Sans repères et Figninto sur la scène de Benoit XII

SANS REPERES - FESTIVAL D AVIGNON - 71e EDITION - Chorégraphie : Béatrice KOMBE - Musique, scénographie, costumes : Béatrice KOMBE - Lumière : Camara Abdel MARC - Avec : Gbahi Rachelle Goualy - Désirée Larissa Koffi - Eloi Hortense N'Da - Yvonne Binta T. N'Da - Dans le cadre du 71ème Festival d'Avignon - Lieu : Théâtre Benoît XII - Ville : Avignon - Le 08 07 2017 - Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

Trois spectacles emblématiques de la danse contemporaine africaine, Tichèlbè, Sans repères et Figninto sont remontés quasiment vingt ans plus tard dans cette Salle Benoit XII du Festival d’Avignon. Très différentes toutes les trois, ces pièces chorégraphiques imposent chacune un style particulier des plus intéressants, malgré un vieillissement visible.

Alors que Tichèlbè fustige la violence masculine dans la séduction à travers un duo troublé et troublant, Sans repères met en scènes quatre femmes en soutien-gorges et shorts de sport sur des musiques souvent rythmées, créant une demi-heure intense et impressionnante de vitalité. Dans Figninto, le mouvement est fébrile, urgent presque dans sa solitude première qui cherche à retrouver l’autre corps en présence.

SANS REPERES - FESTIVAL D AVIGNON - 71e EDITION -

Si l’on retrouve ici trois styles très différents, avec un Tichèlbè hyper-expressif, moins axé sur la beauté du geste que sur sa brutalité saccadée, un Sans repères mené avec une énergie impressionnante et franchement prenante, et un Figninto tout en fragilité, même dans son exposition de corps sculpturaux, on remarque tout de même que certaines de ses pièces sont vieilles de presque vingt ans. Ce fait n’enlève rien à la brûlante actualité et à l’intérêt de leur propos, mais elles semblent aujourd’hui moins novatrices, moins pertinentes par rapport aux innovations dans la danse contemporaine, moins en phase avec leur époque – jusque dans les aspects simplement techniques, notamment le fait que la musique soit purement illustrative et qu’elle s’arrête parfois pour laisser place à un grand silence en plein milieu de certains mouvements. Les spectacles sont beaux et interpellent, mais il aurait pu être intéressant de présenter des nouvelles pièces de tous ces chorégraphes – hormis peut-être pour Sans repères qui est le seul hommage ouvertement déclaré.

Bertrand Brie

Photos: Christophe Raynaud de Lage

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