Réparer les vivants, mélodrame vibrant

Après la version de Réparer les vivants d’Emmanuel Noblet passée au Théâtre du Rond-Point en début de saison, celle de Sylvain Maurice, directeur du CDN de Sartrouville, s’est arrêtée pour quelques représentations au Théâtre de la Ville. Le récit prend une teinte plus mélodramatique, mais l’interprétation est tout aussi intéressante et émouvante en son genre.

Un jeune surfeur, Simon, subit un accident en allant percuter les récifs. Ses parents sont convoqués à l’hôpital, et vient le moment où on leur demande si Simon était prêt à donner ses organes. Commence alors la course pour la vie, d’un corps à un autre, d’un cœur encore valide. On suit tous les individus qui émaillent ce parcours de leurs existences, joies et peines, racontées avec passion par le comédien Vincent Dissez.

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Comme pour rajouter à l’urgence du propos, celui-ci marche sur un tapis roulant qui entre parfois dans une course folle et le force à rattraper la vitesse pour ne pas tomber. Au-dessus de lui, un compagnon musicien, Joachim Latarjet, qui accompagne tout en douceur et en discrétion le drame en train de se dérouler, rajoutant à la charge émotive du spectacle. Si l’interprétation d’Emmanuel Noblet était plus sobre, on redécouvre ici toute la force mélodramatique du roman de Maylis de Kérangal, jouant subtilement avec le pathos et allant cueillir en douceur le spectateur pour le plonger dans le récit. Les deux mises en scène sont largement complémentaires, et celle-ci fait preuve d’une indéniable force.

Bertrand Brie

Jusqu’au 24 juin au Théâtre de la Ville – Espace Pierre Cardin
Photos: Elizabeth Carecchio

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