Les vagues, les amours, c’est pareil

Marie Vialle a présenté quelques jours durant son nouveau spectacle au 104 et au Monfort. Inspiré du discours prononcé par David Foster Wallace devant les nouveaux diplômés du Canyon College en 2015, « C’est de l’eau », cet OVNI , « Les vagues, les amours, c’est pareil », oscille entre le discours, le récit et la conversation, le tout brodé autour du texte d’origine écrit par l’écrivain américain.

Il y a dans le texte de Foster Wallace, d’une extrême simplicité, quelque chose dont on ne sait si elle est véritablement profonde ou tout bonnement banale. Il semblerait qu’il parvienne en fait à réunir ces deux qualités dont Marie Vialle se saisit elle-même, en nous racontant des anecdotes, personnelles, et en y mêlant quelques textes d’auteurs divers que l’on reconnaît plus ou moins. On y décèle toujours cette idée selon laquelle la routine dans laquelle nous sommes plongés anesthésie l’idée que nous ne sommes pas le centre du monde, et qu’y revenir demande un choix, voire même un effort de la pensée. Que les événements parfois nous ballottent, mais qu’il s’agit de considérer toujours que, même lorsqu’on ne se sent pas assez fort, qu’on échoue à penser comme on l’aurait voulu, il faut persévérer.

Une chose est sûre, c’est que dès son arrivée, habillée d’une énorme robe brillante, on reconnaît l’indéniable présence de Marie Vialle, la force de son interprétation. Elle dégage quelque chose d’éminemment solaire, de bout en bout. Le texte de Foster Wallace, lui, est une lumière dans la nuit, toujours aussi beau et intelligent. Seulement, ce discours dont tente de se saisir Marie Vialle, et dont elle fait son fil rouge, devient le centre d’une réflexion autour de laquelle gravitent un certain nombre de textes entre lesquels on peine parfois à faire le lien, si bien que l’ensemble en deviendrait presque anecdotique. Le récit nous perd parfois, et Marie Vialle parvient certes souvent à nous récupérer. On distingue également un propos sur l’échec mais qui reste bien abscons, puisque de fait, ce n’était pas là le point nodal du discours de Foster Wallace, et qu’il aurait peut-être été intéressant de faire plus de lien entre les différents textes rapportés dans le spectacle afin de nous aiguiller. A défaut de tout recevoir, on ne peut que louer la prestance de Marie Vialle, que l’on suit avec un certain plaisir.

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