Grand Finale explosif

Après son remarqué Political Mother qui reprenait l’ambiance d’un concert de rock dans la salle du Théâtre des Abbesses, ainsi que deux passages au Théâtre de la Ville et au Festival d’Avignon en 2015, Hofesh Shechter revient à Paris avec Grand Finale. La création mondiale qui occupe la Villette pour une série de représentations stupéfie par sa beauté teintée d’une brutalité toute caractéristique du travail du chorégraphe israélien.

Si la danse d’Hofesh Shechter est désormais des plus reconnaissables, on peine à s’en lasser. Emaillée d’influences de la Batsheva dont est issu Shechter, elle se laisse aller tout autant à des gestes saccadés et brutaux tels que ceux que l’on a pu voir dans la dernière partie de Last Work à Chaillot, qu’à des instants de douceur – à l’image de cette improbable duo où des danseuses se laissent porter telles des marionnettes inanimées et finissent par choir au sol alors que leurs partenaires continuent à lever les pieds avec la régularité d’une horloge, conservant la même position.

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Grand Finale est à la fois imprégné d’une ambiance guerrière emplie de pessimisme et d’une sorte de tendresse qui vient toucher le spectateur au plus profond. La beauté des scènes qui se succèdent, l’énergie désespérée de cette danse qui parfois semble tourner en continu, mettant le spectateur face à l’absurdité d’une situation qui refuse de s’enrayer, parvient à faire émerger de l’ombre qui se dégage en contrepoint, un horizon plus clair. Les lumières oscillant toujours entre atmosphère brumeuse et chaleur offrent une fois de plus une réalisation magnifique sur le plan esthétique, venant appuyer des gestes d’une précision indéniable et des scènes chorales puissantes.  On sort de la grande salle de la Villette en ayant oublié la chaleur, avec pour seule impression celle d’avoir assisté à un grand spectacle.

Bertrand Brie

Jusqu’au 24 juin à La Villette, dans le cadre de la programmation hors-les-murs du Théâtre de la Ville
Crédits photo: Christophe Raynaud de Lage et Victor Frankowski

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