Claire Diterzi garde le chien

Adaptation scénique de son journal de travail, Je garde le chien offre au public la possibilité d’entrer dans l’univers barré de Claire Diterzi l’espace d’une heure. Son air faussement pincé lui permet de jouer d’un second degré absolument hilarant, qui fait de toutes ses anecdotes journalières un moment de partage croustillant et inratable.

Entre deux compositions, Claire Diterzi prend un temps pour écrire, ça peut porter sur tout, des choses les plus importantes aux petites remarques anodines qui ont pu la faire rire. C’est un peu une pause entre deux spectacles, 69 battements par minute, et sa prochaine création qui s’arrêtera un temps au Centquatre à la saison prochaine. Du pictogramme de chien tronqué en bas de l’immeuble à l’imprimé phallique en passant par ses déboires amoureux et sa supposée virilité, rien n’est épargné, surtout pas elle-même.

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Claire Diterzi dans les Sujets à vif du Festival d’Avignon en 2015. Photo: Christophe Raynaud de Lage.

Ni un spectacle à thèse, ni l’un de ceux dont on doit retenir une trame narrative fixe, juste le plaisir d’être ensemble et d’entendre les chansons empreintes de cette poésie décalée de Claire Diterzi émaillées de ses histoires de travail toutes plus savoureuses les unes que les autres. Ukulele électrique en main, scébo kitsch à souhait, Je garde le chien ravira les amateurs de parenthèses burlesques comme autant d’excuses pour partager un moment avec cette ancienne pensionnaire de la Villa Médicis virtuose un peu tarée, mais juste comme il faut.

Bertrand Brie

Jusqu’au 30 juillet à la Manufacture, tous les jours à 11h30

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