Boxing Paradise, la douce science des coups

A la MC93, Stéphane Olry et Corinne Miret présentent le dernier opus de leur triptyque sur les sports de combat en Seine-Saint-Denis. La Tribu des lutteurs, présenté à La Commune, et Mercredi dernier, joué dans 25 appartements du 93 pour La Poudrerie de Sevran proposaient chacun l’exploration d’un club. Dans Boxing Paradise, c’est le Boxing Beats d’Aubervilliers que Stéphane Olry, Corinne Miret et Hervé Falloux se sont immergés une année durant. La proposition est originale et parvient à étonner et embarquer le spectateur, sans toujours convaincre.

Crédits: La Revue Eclair

Un homme, dont sait juste qu’il est un artiste, manifestement auteur ou metteur en scène, débarque au purgatoire après une « expérience de mort imminente », dixit son ange gardien. Ce dernier, interprété par Corinne Miret, lui présente le paradis spécialement préparé pour lui : son club de boxe, le Boxing Beats, en pleine activité. Alors que son enfer est représenté sous forme de club vide, on s’engage assez vite dans une exploration de l’intimité du protagoniste et de sa vie au club, avec un creux, un éloge de la boxe comme saisissement du réel et exploration de soi par autrui.

La vie au club, présentée à l’aide d’un dispositif vidéo déroulant les images prises par Stéphane Olry au Boxing Beats, s’accompagne des sons du gymnase en fond, avec également deux petits écrans qui s’arrêtent sur les visages d’enfants de la « boxe éducative » alliant sport et soutien scolaire. Pas de prétention sociologique ici, loin de là, mais plutôt la volonté de montrer l’impact que peut avoir la boxe tant au niveau individuel que social. Le club, sorte de nouvelle utopie complètement ouverte, lieu de sociabilité intense où l’on rentre et d’où l’on sort sans contrainte ni stigmate, agrège des individus de tous horizons par et pour la boxe, sans autre objectif – si ce n’est le soutien scolaire pour les enfants, qui s’accompagne cela dit toujours d’une pratique sportive. On plonge avec Hervé Falloux et Corinne Miret au cœur du Boxing Beats et on s’attache à ces compagnons de route dont les portraits sont brossés sans condescendance ni fard superflu. Si les procédés dramaturgiques et le récit manquent parfois d’une finesse qu’il nous est arrivé de regretter, la démarche et l’expérience proposée au spectateur font de Boxing Paradise un spectacle intéressant et dont se dégage une certaine douceur, à l’image de cette « douce science des coups » que les trois camarades se plaisent tant à évoquer.

Bertrand Brie

Boxing Paradise ne tourne désormais plus à la MC93, mais La Revue Eclair présentera son spectacle « Mercredi dernier » à La Poudrerie de Sevran du 12 au 14 octobre.

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