Viktor en course contre la mort

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Le 3 septembre, le Théâtre de la Ville a ouvert sa saison en collaboration avec son voisin du Châtelet pour offrir au public la recréation de Viktor de Pina Bausch. ; c’est donc dans la grande salle à l’italienne qu’une foule de spectateurs excités se sont précipités pour voir la pièce la plus romaine de la chorégraphe allemande.

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Plus de sept ans après sa mort, Pina fait encore rêver ; et cette pièce-là ne déroge pas à la règle. Si elle souffre de quelques longueurs, elle n’en reste pas moins passionnante et grouillante d’énergie comme souvent au Tanztheater Wuppertal. Tiraillée entre une passion enflammée et dévorante, et une espèce de mélancolie moite, Viktor étonne autant qu’elle subjugue. On y voit le corps de la femme porté aux nues, désiré, et parfois presque maltraité ; mais il en ressort toujours sublimé. On y traite de la relation entre les deux sexes, relation ambigüe, traitée comme quelque valse entre douceur et brutalité. Mais si quelque chose se détache bien de ces trois heures trente, c’est cette fuite de la vie face à la mort, cette avènement d’une vitalité triomphante que l’on décèle notamment lors de la –superbe- dernière scène où une danseuse assise sort de sa torpeur et se meut, assise, avec une énergie touchante et prenante tout en s’avançant vers le public.

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Le seul bémol serait que, si le mouvement choral fait souvent la force de Pina Bausch, certaines saynètes n’impliquant que peu de danseurs ouvrent parfois des longueurs qui ne font qu’alourdir l’ensemble. Cela dit, l’humour est toujours aussi fin et mordant, et, comme d’habitude, chaque danseur est mis en valeur au travers de son corps et de sa personnalité propres. Viktor n’est sans doute pas la pièce la plus impressionnante ou la plus accessible de Pina Bausch, mais elle n’en regorge pas moins de trouvailles et d’énergie grâce à un Tanztheater Wuppertal qui impressionne toujours par son inépuisable brio.

Bertrand Brie

Jusqu’au 12 septembre au Théâtre du Châtelet, avec Théâtre de la Ville

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