Top 5 des personnages dont tu attends la mort pendant tout le film

 

 

C’est commun de connaître une personne qui se vante que tous ses personnages préférés meurent avant la fin du film, ce qui en soit pourrait être un symptôme d’un attachement un peu déplacé et d’une volonté de relations sans espoir. Même sans appartenir à cette catégorie d’individus, il n’est pas rare, dès le début de la pellicule, de savoir que ce petit roux là risque pas de durer des masses. Élément scénaristique basique s’il en est, la mort du personnage secondaire dont l’unique intérêt est justement de mourir se retrouve dans pas mal de bons et mauvais films. Sauf que voilà, des fois tu le sais, tu le sens, ce personnage est destiné à une mort, que tu l’attendes avec impatience ou tu le redoutes et non. Non, cela n’arrivera qu’à la fin du film, poussant le suspense jusqu’à son comble : voici donc mon petit top des personnages évidemment destinés à la Faucheuse mais qui traînent un peu beaucoup des pieds.

 

 

 

The Colonel Hans Landa dans Inglorious Basterds :

 

Dans un film avec un commando de juifs vengeurs pas particulièrement respectueux de la convention de Genève et un méchant allemand génialement sadique, habituellement les premiers vont tuer le second. Après une scène d’ouverture dont tout l’intérêt se trouve dans la démonstration de l’incroyable perversité du Colonel, la logique, et un peu la morale faut le dire, voudrait que le point d’orgue du film soit l’affrontement direct entre les Basterds et ce personnage psychopathe. Sauf que Tarantino aime bien quand tous les autres personnages meurent aussi donc on peut attendre quelques deux heures tout en haïssant/admirant de plus en plus le génial Christoph Waltz. Sinon il joue plus ou moins un personnage similaire dans De l’eau pour les éléphants mais là on prie tout le film pour qu’il ne meure pas, juste pour le voir proportionnellement aux scènes de gringue ridicules entre Robert Pattinson et Reese Witherspoon.

 

La femme du frère de Clyde dans Bonnie et Clyde :

 

Dans ce méga-classique de fresque policière 100% US, tous les personnages sont plutôt cools, dévalisent des banques, redéfinissent l’idée même d’amour ou de relation et vous donnent envie de tout plaquer pour suivre un ténébreux asexuel. Tous, tous sauf Blanche Barrow, belle-sœur du célèbre brigand. Une voix de crécelle, des répliques pleines de bêtise et de médiocrité, une physique de vieille mégère, Estelle Parsons interprète certainement le personnage qui a fait le plus de mal à la représentation de la femme mariée au cinéma. Dès qu’elle apparaît à l’écran, tout spectateur ne peut que rêver qu’elle se prenne une balle perdue. A part se boucher les oreilles dès qu’elle arrive sur l’écran, il n’y a pas de remède.

 

Tessa Scott dans Now is good :

 

Bon, on sait dès le départ que Tessa va mourir, elle a quand même décidé d’arrêter son traitement contre la leucémie, ce qui, en soit, est une forme de suicide. Ce qui lui donne le droit d’être insupportable tout le long de cette bluette, de voler des cartes de crédit, ce que fait à peu près tout personnage de jeune fille américaine qui veut « vivre à fond », de donner des discours anti-avortements à sa meilleure amie sous prétexte que l’embryon a la chance de vivre ce qu’elle, elle n’a pas (argument en béton armé sisi) et de faire supporter ses humeurs horripilantes à son copain-trop-mignon-qui-l’aime-au-point-d’écrire-son-nom-sur-des-murs et à son ensemble de famille américaine cool et compréhensive. Sinon sur le même thème et en 1000 fois plus cool, il y a Restless de Gus Van Sant, là on a un peu moins envie que l’héroïne décède dès les premières minutes.

 

 

 

Sirius et Dumbledore dans Harry Potter 5 et 6 :

Soyons sincères, ceux qui avaient lu les romans savaient, et ceux qui n’avaient pas pris cette peine ne pouvaient éviter l’horrible spoiler que furent ces deux morts mythiques, bien que celle de Dumbledore ait bénéficié d’encore plus de renommée. Résultat : deux films entiers à savourer tous les passages comportant le personnage qu’on est sûr de ne plus jamais revoir mais un traumatisme sans cesse réitéré au moment fatal. Suivis du traditionnel « C’était beaucoup plus émouvant dans le livre », ces instants restent quand même parmi les plus marquants des adaptations cinématographiques. A titre personnel, je rajoute la mort de Georges qui était aussi annoncée ou presque, de même pour Lupin et Tonks. Dans le même genre, la mort de Ned Stark spoliée dans Game of Thrones permet d’apprécier à sa juste valeur chaque apparition de l’honorable Stark avec encore sa tête sur les épaules.

 

 

Lester Burnham dans American Beauty :

Ceci peut sembler être un énorme spoil mais ce n’en est absolument pas un. En effet le chef d’oeuvre de Sam Mendes commence par une voix masculine disant explicitement « I had always heard your entire life flashes in front of your eyes the second before you die. […] I guess I could be pretty pissed off about what happened to me… but it’s hard to stay mad, when there’s so much beauty in the world. [..] You have no idea what I’m talking about, I’m sure. But don’t worry… you will someday. » En gros : je suis mort et je vais vous raconter pourquoi. Si vous avez été traumatisé par Usual Suspects/Seven/La Vie de David Gale, vous savez que Kevin Spacey est un acteur flippant par essence, il est clair que Lester va mourir. Mais comment ? Pourquoi ? C’est tout le talent de ce film. Twilight 1 utilise un peu le même procédé sur une image de biche, ce qui marche beaucoup beaucoup moins bien.

 

 

Anna M.

 

 

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