The Wooster Group de retour au Centre Pompidou

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Le Wooster Group revient à Paris pour présenter deux de ses spectacles au Centre Pompidou dans le cadre du Festival d’Automne. Après un Early Shakers Spiritual à l’accueil mitigé, c’est au tour de The Town Hall Affair d’entrer en scène. Reprenant le même dispositif qu’ils avaient utilisé en 2006 pour leur célèbre Hamlet, le Wooster Group fait de son spectacle une performance à la fois intéressante et habile, maniant avec brio le parallèle entre jeu et interface vidéo.

Le principe est simple. Un film tourne sur un écran au centre de la scène, ici le documentaire The Town Hall Affair, et le Wooster Group rejoue ce documentaire à sa manière, en conservant cela dit le texte et la plupart des mouvements. Procédé intéressant s’il en est ; le thème du women’s lib movement est ici exposé de manière décapante avec des interventions de l’époque, nous permettant d’intégrer progressivement l’idée du documentaire, permettant la confrontation des idées afin de faire enfin émerger les revendications féministes.

Mais la question qui se pose ici : dans quelle mesure la performance ajoute-t-elle quelque chose au documentaire ? A part un croisement – par ailleurs assez abscons – entre le documentaire et un autre film, l’espace d’une dizaine de minutes, on ne comprend pas tout à fait ce quelle est la valeur de la performance vis-à-vis de l’objet d’origine. Peut-être est-ce simplement de l’expérimentation, et le Wooster Group s’attache d’ailleurs à la tradition du Performance Garage en proposant un théâtre de recherche. Mais ici, on peine à distinguer le véritable propos, et si l’on ressort avec un intérêt certain pour le geste théâtral lui-même, notre esprit ne s’est pas clarifié pour autant…

Bertrand Brie

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