#StreetArt à la Fondation EDF

pegase - collectif Truly

#StreetArt, l’innovation au cœur d’un mouvement exposition hébergée par la Fondation EDF, ferme ses portes le 2 mars, alors autant profiter de ces vacances pour vous y rendre ! En plus d’être gratuite, elle se situe rue Récamier à deux pas de Sèvres-Babylone et peut donc constituer une pause efficace entre deux rounds de quatre heures en bibli, pour les plus studieux.

Les plus :

  • C’est gratuiiiiiiit, alors autant en profiter !
  • Une approche interactive qui permet de mieux appréhender le street art sous toutes ses formes.

Les moins :

  • Une exposition beaucoup trop descriptive, la dimension engagée et militante du street art n’est que trop peu abordée.
  • Le fil conducteur de l’exposition n’est pas clairement identifiable et lui donne l’impression d’un patchwork d’idées sans cohérence.

Note : 3 artichauts sur 5

Antonin Fourneau, Water light graffiti

Antonin Fourneau, Water light graffiti

Répartie sur deux étages, l’exposition décrit le street art et les évolutions qu’il a connues depuis sa création. Elle permet de (re)découvrir les artistes emblématiques de ce mouvement né dans les années 60 autour d’une bombe aérosol ; et de le suivre à travers ses transformations. Aujourd’hui le street art ce ne sont plus seulement des graffitis mais également des installations numériques et interactives comme celles d’Isac Cordal. Une salle est d’ailleurs dédiée à ses petits bonhommes en papier mâché dupliqués et dénonçant la société dramatique rongée par l’inaction dans laquelle nous vivons – catastrophes écologiques, violence ou pauvreté pour ne citer que quelques thèmes abordés par l’artiste.

Cependant, malgré les références aux incontournables Banksy, Keith Haring ou Basquiat, la dimension engagée du street art ne ressort pas. Bien que ce ne soit pas l’objectif de l’exposition, il reste difficile de concevoir cet art sans cet aspect qui lui est inhérent. Au-delà du Street Art, proposée par Le Musée de La Poste en 2013, offrait une approche beaucoup plus analytique du mouvement en réussissant à la concilier avec l’esthétique de ses œuvres. Car si le street art est un art, il ne faut pas oublier qu’il est engagé et reste un moyen d’expression et de dénonciation des perversités de la société.

Slinkachu, Fantastic Voyage

Slinkachu, Fantastic Voyage

Des dessins préhistoriques aux collages de JR en passant par les graffitis à la bombe multicolore, de New York à Paris en traversant le Mexique, tout y passe. Un peu trop. Parmi toute ces données étalées sur des décennies et cinq continents, il est difficile de saisir l’essence du street art et sa véritable signification. La volonté d’offrir un « un regard le plus complet possible » nous noie sous les couleurs et les graffs sans décrypter les œuvres. La seule véritable analyse livrée consiste en la comparaison des travaux de Shepard Fairey – éminent créateur de la marque Obey – et de JR – qu’on ne présente plus. Mais celle-ci prend vite la tournure d’un mauvais exposé comparatif d’Institutions Politiques.

Si l’exposition n’est pas la plus pertinente sur le sujet, lui en tenir rigueur serait cependant disproportionné. Elle permet un bon moment – gratuit ! – de détente colorée.

Marie Zafimehy

Programme des expositions de la Fondation EDF : http://fondation.edf.com/13/programmes/nos-expositions

Leave a Reply