Someone you love – Pernille Fischer Christensen

affiche

Someone you love de Pernille Fischer Christensen
4 / 5 Artichauts

Le film s’ouvre sur un tonnerre d’applaudissement. Thomas Jacob, rockstar à l’aura incroyable débarque sur scène, le sourire aux lèvres. Comment créer une star crédible à partir de rien ? La réalisatrice a dit s’être inspirée de plusieurs rockstar du monde scandinave et s’appuie surtout sur l’acteur charismatique Mikael Persbrandt et sa voix rauque. L’acteur semble coller parfaitement au rôle, en interprétant avec justesse le personnage comme les chansons, le faisant ainsi rayonner. Ce n’est pourtant pas sur scène que nous le découvrons, mais lors d’un retour au Danemark, pour enregistrer un disque. C’en est fini de la star adulée à Los Angeles, le retour au Danemark et ses paysages hostiles et beaux implique aussi un retour sur soi-même ; qu’il le veuille ou non, il faut troquer l’anglais pour le danois et renouer avec sa famille.

 disque

Plus qu’une analyse de la célébrité, ce sont les faiblesses des individus qui semblent au cœur du film. Réunissant trois personnages solitaires et un peu  perdus, – le chanteur, sa fille, et son petit-fils –  la réalisatrice brosse aussi le portrait d’un homme égoïste, habitué à être seul face à lui-même dans sa vie, à créer sans compter sur les autres. La rencontre avec sa fille, mais surtout son petit-fils le met face aux limites de ce comportement. Considérant que sa fille ne peut pas chercher à le voir sans raison, et heureux de ne pas avoir de femme, Thomas semble désabusé des relations humaines. Entouré par sa manager et sa coach musicale, il réduit les personnes qui l’entourent au strict minimum. Il semble bien incapable de toute attention, et quand sa fille lui demande de dédicacer les disques de son fils, il ne fait que les signer, de manière impersonnelle. Il semble au départ que l’histoire de la création musicale et celle de sa famille s’opposent, voire sont inconciliables. C’est une tragédie qui lui fait comprendre qu’il manque vraiment quelque chose à sa vie.

fille

Le rapprochement entre un père indigne et son petit-fils semblait propice au mélo facile. Néanmoins, entremêlé à d’autres thèmes plus graves, comme la drogue, la solitude et le deuil, le film trouve le ton juste, sachant être émouvant sans devenir mielleux. Le petit garçon joue lui aussi merveilleusement, et les quelques scènes où sa détresse peut se lire sont poignantes.

La scène du début est rejouée à la fin, gagnant en puissance grâce au contenu du film. Nous ne voyons plus un artiste fier, mais un artiste qui a su surmonter des épreuves et apprendre pour être plus fort. Un moment dont on sort enjoué, avec l’envie de découvrir les autres films de la réalisatrice.

Juliette Le Guillou

arlequin

Bande annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19549569&cfilm=226525.html

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