Soie, Alessandro Barrico

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« On a tous besoin d’un Soie chez soi »

D’une plume délicate et fluide, Alessandro Baricco nous livre le destin d’Hervé Joncour, l’homme dont la vie se déroulait jusque là sans heurt car sans attente et sans décisions.

Dans les années 1860, il cultive des vers à soie. Le tissage de la soie fait vivre sa commune de Lavilledieu. Après une épidémie qui touche les œufs du bassin méditerranéen, Baldabiou lui confie la mission d’aller se procurer l’or blanc « jusqu’à la fin du monde » : au Japon. Celui qui autrefois contemplait sa vie sans jamais oser la vivre est bouleversé. Après un long parcours, il découvre une civilisation inconnue. Tout y est fantastique, irréel. Accueilli par le puissant Hara Kei, il rencontre une jeune fille qui le trouble profondément. Il y retourne une deuxième, puis une troisième fois, obsédé par cette femme. Joncour se consume dans une passion jamais consommée. « C’est une souffrance étrange, dit-il. Mourir de nostalgie pour quelque chose que tu ne vivras jamais ». Lors de son quatrième et dernier voyage, le Japon est en pleine guerre. Il est chassé par son ancien hôte. De retour en France, il est un homme changé par ses voyages.

Soie 2

Le récit mêle mystère, silence, répétitions, douceur, trahison, espoir, mélancolie. Les personnages, aux descriptions et interventions fragmentées, sont entourés d’une aura énigmatique, charmante. Soie semble être une œuvre hybride, entre la nouvelle, la poésie, la mélodie, le court-métrage ; les images et les sons s’y mélangent. Elle convoque l’imaginaire et plonge le lecteur dans une douce rêverie.

Elsa Berthault

Alessandro Barrico, Soie, Folio, 1996, 142p.

 

 

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