Rumeurs, petit jour et Benoite Grioult

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Après avoir présenté une étape de travail durant le festival « Notre temps collectif » au Théâtre de la Bastille il y a bientôt un an et demi, le Raoul Collectif est de retour. Ce nouveau spectacle, Rumeurs et petit jour, est passé par le Festival d’Avignon et s’installe à la Bastille jusqu’à fin novembre. Une réussite, à ne pas rater.

Les cinq Belges n’ont pas perdu leur verve, et se mettent en scène dans une parodie d’émission de radio en fin de course. Habile pastiche qui prend des airs de France Culture sous valium, on observe les protagonistes s’entredéchirer sur l’avenir de leur émission, « Epigraphes », entre deux télex. De la fable de Benoite Grioult entre le cheval et la vache, à laquelle ils donnent des interprétations politiques nourries de théories diverses, faisant du cheval un révolutionnaire marxiste ; en passant par la coupure de courant et l’arrivée de la mystérieuse T.I.N.A., tout prête à rire.

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Le Raoul Collectif parvient à intelligemment disséquer l’unicité de la pensée proposée dans l’espace public. Cette idéologie du There Is No Alternative ou TINA en hurlant la nécessité du débat avec une bonne humeur communicative. Non seulement du débat, mais de l’inattendu, du bordel ambiant face au dogme libéral qui n’accepte rien de ce qui n’est pas déjà prévu, rien de ce qui est en dehors de lui. Jean-Michel, Jules, Claude, Jacques ou Robert, tous fulminent face à l’annulation d’Epigraphe par le producteur, tous semblent désemparés et prêts arrêter d’alimenter le débat dans une société en manque d’idées. Les Raouls, eux, s’y refusent, et chantent en choeur leur insubordination

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