Les variations d’une mythologie cinématographique d’après les films de zombie

ZOMBIE

 

C’est sûrement un syndrome partagé par beaucoup de ceux qui ont vu Mars Attack mais depuis fort, fort, longtemps j’ai intégré une trame narrative assez simple: même si dans le film on te dit que y a vraiment aucun moyen de s’en sortir, que toute vie terrestre est foutue, le héros va quand même te trouver un remède vachement trop cool. Cette petite théorie fonctionnait parfaitement avec les films de zombies vu que morts-vivants = invasion à laquelle il est très dur de résister vu que les envahisseurs ont des troupes exponentiellement croissantes avec la peur qu’ils inspirent mais que bizarrement il y a quand même une solution, généralement un antidote pharmaceutique. Bref pour moi tout film parlant de zombie, et plus généralement tout film catastrophe ce qui englobe les martiens, les prophéties étranges et autres joyeuseries, suivait un schéma on ne peut plus classique de 1. Le réveil des morts 2. La mort des proches du héros et une ou deux séquences qui montrent le désespoir de la dernière personne humaine sur Terre (cf Will Smith et son pauvre toutou) 3. La découverte d’un remède qui houplaboum vous remet tous le monde d’attaque pour une reconquête de la Terre.

C’est bien joli mais profondément ennuyeux et vu que je ne suis certainement pas la seule à le penser, il semblerait que les personnes qui sont payées justement pour ça (Coucou les scénaristes, ravie que votre grève soit finie, on vous kiffe) aient décidé d’explorer de nouvelles pistes! Alléluia, bénissez le Seigneur et surtout cessons tous de nous plaindre que tous les films se ressemblent! Voici donc un florilège de séries/films chers à mon cœur qui rompent la monotonie de l’invasion des morts-vivants.

In the Flesh

Une mini-série de la BBC, en général c’est plutôt vachement sympa. Celle-ci l’est particulièrement vu qu’elle suit le schéma classique mais ne se concentre pas sur ce qui s’est passé pendant l’invasion mais après, quand l’antidote fait revenir les zombies à leur esprit. Phase pas particulièrement agréable pour le héros, Kieren, qui doit vivre avec la culpabilité d’avoir mangé des cerveaux des habitants de son village paumé. L’une des pierres angulaires de cette série est donc le fait que ces morts sont porteurs de joie et d’une seconde chance pour les familles qui les ont perdus auparavant mais également, et surtout, perçus comme une menace pour le reste de la population. C’est subtil, c’est beau bref je conseille vivement. Pourtant c’est justement la présentation inhabituelle des zombies qui en fait tiquer plus d’un sur Allociné: la série présente quand même des morts-vivants qui ne propagent pas le virus quand ils mordent, qui peuvent être gardés en vie grâce à l’injection d’un sérum bref très loin de la mythologie habituelle.

Warm Bodies

Là, je vais encore me faire traîter de niaise aux goûts entièrement tirés de filmsdeloveur.com (si si, ce site existe). Mais le fait est que j’ai bien ri devant cette énième histoire d’amour impossible qui légitimise sans problème la nécrophilie. Comme pour In The Flesh, c’est surtout rendu possible par le choix d’un zombie comme personnage principal. Là par contre, l’invasion n’a pas été stoppée et le remède est bien trouvé par un personnage: c’est l’amour (c’est-y pas beau!). On va passer sur la niaiserie qui dégouline de cette partie de l’histoire, l’intérêt est plutôt dans tout le reste du film: les zombies aiment manger des cerveaux, ils ne le font pas uniquement pour survivre. Ils marchent vraiment très lentement et sont donc en ce sens un peu faibles face à des humains bien armés. Ce qui est intéressant, c’est qu’ici aussi, on abandonne le côté morsure=zombie, la communauté des morts-vivants est restreinte et peut même devenir pire que ce qu’elle n’est déjà: ces bonhommes sans peau. Bref c’est de la guimauve, c’est sanguinolent et le mélange présente quand même un nombre de blagues assez drôles. Et puis le fait que le petit copain bad-ass qui tue des zombies se fasse dévorer la cervelle dès le début m’a quand même bien fait plaisir.

Bienvenue à Zombieland + The Walking Dead

 Autre registre, on quitte les gentils zombies pour des survivants désespérés. Puisque le retournement le plus simple et en même temps le plus efficace de la structure narrative que j’ai décri au départ est: et s’il n’y avait pas de panacée? Et si la survie en milieu hostile était une affaire de long terme, ce qui est encore plus frappant dans The Walking Dead qui a déjà une durée totale d’un jour, 11 heures et 42 minutes avec ses quatre saisons? Une série réaliste qui n’a pas vraiment besoin d’être présentée vu son gros gros succès. Dans un registre beaucoup plus décalé se trouve Bienvenue à Zombieland. Une comédie qui suit bien les codes du film de genre: les jolies filles mordent, il faut exploser la cervelle des revenants, ils sont nombreux et attirés par la lumière et/ou le bruit. Il n’empêche que ces deux histoires se rejoignent sur une réflexion que je trouve intéressante: une situation aussi massive et dangereuse qu’une armée carnivore qui grossi ses rangs au fur et à mesure est beaucoup plus complexe que 2-3 courses-poursuites un peu flippantes.

Donc en fait:

  • il y a plein de moyens de faire dériver une mythologie très stricte comme celle des zombies
  • il y a plein de films/séries cool sur les zombies.
  • la majorité des scénaristes sont des génies travailleurs, c’est juste qu’on parle beaucoup plus des films/séries où le scénario est clairement un point faible.

 

Anna M.

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