Pourquoi il faut aller voir l’expo Anders Petersen

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A l’heure où une bonne photo semble être définie par le prix de l’appareil et la capacité de son auteur à la retoucher sur Photoshop, Petersen nous invite à voir la photographie autrement.

« You are not supposed to be a slave of mechanical tools, they are supposed to help you and be as small, as unimportant as possible not to disturb the communication » pourrait résumer toute son approche. Cette communication est cruciale pour ce photographe qui veut « gommer les frontières entre la photographie et la vie privée » et n’avoir rien entre lui et la situation, ce que révèle bien la série « Close distance ».
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Il faut, nous dit-il, aimer les Hommes et les voir avec tendresse pour les photographier. Il faut rencontrer les gens, se laisser surprendre et quoi qu’il arrive, garder cette innocence qui permet de toujours « poser des questions ». Et ça marche, on se demande sans cesse : comment a-t-il pris cette photo ? Comment a-t-il pu être si proche ? Qu’est-ce que cela représente ?

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Avec Petersen, on semble revenir à l’essence de la photographie : « I am more of that style of photographer, who is more intuitive, using my stomach and heart ». Ses photos sont franches, honnêtes, découpées de manière organique. Le fond et la forme se confondent : la brutalité des découpes fait écho à la brutalité des sentiments et des situations.

Anders Petersen, Cafe Lehmitz, 1967-1970 _29

Toute son œuvre se concentre autour de la condition humaine, de la vie, sans calcul, sans fard et faux-semblant, sans ces « petits mensonges amers avec lesquels on a grandi ». Avec la série Café Lehmitz, son premier succès en 1978, on ressent un désir de vivre intact, peu importe l’âge, on se sent au cœur d’un bouillonnement, d’une chaleur qui nous réchauffe et nous émeut en même temps. Andersen s’est également intéressé aux huis clos – prison et hôpital psychiatrique – qui, pour lui, contiennent un certain « érotisme ». Il n’y a plus de frontières, on vit ce que l’on voit, faisant de l’œuvre de Petersen une réelle « expérience ».

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De cette exposition, on ressort changé, profondément ému. Ce n’est pas seulement beau ou esthétique, c’est vivant et c’est vrai. Ce n’est pas seulement une œuvre personnelle, c’est une ode à redécouvrir la photographie dans ce qu’elle a d’humain et de cru. On en sort en pensant que la photographie n’est pas cet art élitiste, réservé à ceux qui auront les moyens de se payer le dernier Canon, il suffit de faire confiance à ses expériences et d’être soi-même.

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