Petit détour par la Cabeza de Niki de Saint Phalle

Vue de face de la Cabeza
Crédits : Mégane Guillaume

Une envie d’exotisme et de voyage (spirituel) en ces temps gris de l’hiver ? Venez donc découvrir la gigantesque « Cabeza » de Niki de Saint Phalle installée au Centquatre de Paris jusqu’au 2 février 2015 dans le prolongement de la rétrospective du Grand Palais sur l’artiste.

Cette énorme tête de mort, sur laquelle les enfants de tout âge se plaisent à grimper, sauter et glisser sans aucune gêne, est un événement à ne surtout pas manquer : c’est en effet la toute première fois que l’impressionnante sculpture se trouve à Paris ! Elle n’avait jusqu’ici jamais quitté les États-Unis.

Vue de dos de la Cabeza Crédits : Mégane Guillaume

Vue de dos de la Cabeza
Crédits : Mégane Guillaume

Mousse et structure osseuse en acier et en résine sont ainsi recouvertes de centaines d’éclats de verre en millefiori, de galets, de coquilles d’ormeaux, de morceaux de miroir ou de vitrail ; le tout formant un véritable feu d’artifice de couleurs et de matières. Au gré des flashs qui crépitent et des plus petits qui courent de part et d’autre, l’œuvre reflète la lumière, le mouvement, la vie elle-même. Le plus étonnant dans tout cela est que l’on peut même visiter l’intérieur ! On découvre alors un ciel lunaire étoilé aux doucereuses couleurs de l’océan. Le spectateur-acteur vogue ainsi entre la couleur et le noir total, la matière et le vide, la vie et la mort. Niki de Saint Phalle réussit à abolir les frontières entre ces deux états que tout oppose en rétablissant également un contact physique avec l’œuvre : quel bonheur de pouvoir effleurer, toucher, caresser tout son soûl !

Détail de la Cabeza Crédits : Mégane Guillaume

Détail de la Cabeza
Crédits : Mégane Guillaume

Du fond de ses yeux vairons, le joyeux crâne semble même nous sourire dans une ultime exhortation à la vie. La commissaire de l’exposition du Grand Palais, Camille Morineau, nous explique que « l’expérience proposée par la Cabeza passe par le fait de nous confronter à l’idée de la mort pendant que nous nous reflétons comme dans un miroir avec d’autres êtres humains. Elle nous propose ainsi de quitter l’idée de nous comporter comme des orphelins qui attendent la tragédie et de devenir des protagonistes de notre propre vie. » Tête colossale emblématique de la civilisation précolombienne olmèque, la sculpture est le symbole du fameux « Jour des Morts ». Tout comme les peuples d’Amérique latine ont su et savent encore célébrer la mort comme il se doit, c’est-à-dire par la fête (les Mexicains notamment, dansent, mangent et chantent sur les tombes pour rendre hommage à leurs morts), Niki nous invite ici à suivre la route de l’allégresse et de la jouissance. Memento mori oui, mais uniquement pour mieux rappeler aux vivants de profiter des bonheurs de ce monde ! Niki résume cette philosophie bien mieux que moi :

« There is no death. There is change-transformation. Our life is Eternal. »

Intérieur de la Cabeza Crédits : Mégane Guillaume

Intérieur de la Cabeza
Crédits : Mégane Guillaume

Pour ce voyage tinté de mysticisme, pas besoin de billet d’avion ni même de billet d’entrée ! L’œuvre est en libre accès à l’entrée du 5 rue Curial dans le 19e arrondissement pour les parisiens les plus curieux.

PS : Saviez-vous que Paris comptait d’autres sculptures de Niki de Saint Phalle ? Un petit indice : si vous passez un jour du côté de Montparnasse, sachez que son cimetière cache bien des surprises…

Mégane Guillaume

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