Paul Durand-Ruel. Le pari de l’impressionnisme : Manet, Monet, Renoir…

            Du 9 octobre 2014 au 8 février 2015 cette exposition sur l’impressionnisme est présentée au musée du Luxembourg. Peut-être son titre va-t-il vous interpeller : vous savez ce qu’est l’impressionnisme, mais vous n’avez jamais entendu parler de Paul Durand-Ruel. Pourquoi le gros titre n’est pas « Manet » ou « Renoir » ? Parce que cette exposition n’a pas pour but de simplement montrer des tableaux impressionnistes. Elle a pour but de faire découvrir au visiteur l’impressionnisme sous un nouveau jour, à travers le marchand d’art Durand-Ruel, qui a fortement contribué à l’essor et l’épanouissement de l’impressionnisme.

 Les plus

  • On y va pour voir des beaux tableaux impressionnistes et on n’est pas du tout déçu sur ce point. Les tableaux sont magnifiques.
  • L’exposition n’est pas très longue, on peut profiter pleinement de chaque salle et chaque tableau, sans être fatigué parce qu’on est resté deux heures debout.
  • On n’a jamais vu l’impressionnisme sous cet angle : comment s’est-il marchandé ? Quelles difficultés a-t-il rencontré pour se développer ? D’où vient sa notoriété ?

Les moins

  • L’exposition se base essentiellement sur des Renoir et des Monet, les artistes que Paul Durand-Duel a le plus fréquentés, avec Gustave Courbet. On aurait pu souhaiter voir les autres impressionnistes un peu plus représentés.
  • La partie de l’exposition sur Paul Durand-Ruel lui même n’est pas très intéressante… On nous présente des lettres qu’il a échangé avec les artistes, quelques objets qui se trouvaient dans sa galerie. Les tableaux sont bien sûr ce qui fait l’intérêt de l’exposition.

Note : 4,5 artichauts sur 5

La classe de Ballet, Edgar Degas, vers 1880 Huile sur toile, 82,2 x 76,8 cm Philadelphie, Philadelphia Museum of Art © Philadelphia Museum of Art
La classe de Ballet, Edgar Degas, vers 1880
Huile sur toile, 82,2 x 76,8 cm
Philadelphie, Philadelphia Museum of Art
© Philadelphia Museum of Art

Paul Durand-Ruel a rencontré Monet et Pissarro dès l’année 1870 à Londres. Il leur achète immédiatement des peintures. Il se distingue en tant que protecteur de ce nouveau mouvement d’artistes en 1872 en achetant à Manet 23 œuvres d’un coup. Nous pouvons donc lui être reconnaissant aujourd’hui d’avoir lancé et supporté ce mouvement artistique, qui est l’un des plus important de l’histoire de la peinture. Il a su rassembler des artistes et des visiteurs (des critiques), organiser des expositions, malgré ses propres difficultés financières et les clivages politiques : lui-même était monarchiste, Courbet était anarchiste.

Cependant ce qui fait la valeur de cette exposition est la peinture. Ces œuvres d’artistes que Durand-Ruel a supportées. Et sur ce point là, les tableaux rassemblés sont loin de décevoir. L’exposition dessine l’avancée de l’impressionnisme, et les peintures accompagnent le visiteur dans sa découverte de cette avancée. Les tableaux que l’on voit ne sont pas toujours les plus connus, mais restent magnifiques.

Sur la terrasse, Pierre-Auguste Renoir, 1881 Huile sur toile, 100,5 x 81 cm Chicago, The Art Institute of Chicago © Chicago, The Art Institute of Chicago
Sur la terrasse, Pierre-Auguste Renoir, 1881
Huile sur toile, 100,5 x 81 cm
Chicago, The Art Institute of Chicago
© Chicago, The Art Institute of Chicago

Les couleurs profondes des tableaux, la chaleur des traits de pinceau, le naturel des compositions, tout ceci contribue à placer le visiteur dans un état d’admiration : aucun tableau ne déçoit. On a l’impression de découvrir un peu plus de l’impressionnisme à chaque œuvre que l’on observe.

On reste aussi bouche bée devant le talent, qui n’était pas à prouver bien sur, des auteurs de ces œuvres. Comme par exemple les couleurs à la foi apaisantes et surnaturelles du tableau de Monet, La liseuse.

La Liseuse, Claude Monet, 1872 Huile sur toile, 50 x 65 cm Baltimore, The Walters Art Museum © The Walters Art Museum, Baltimore
La Liseuse, Claude Monet, 1872
Huile sur toile, 50 x 65 cm
Baltimore, The Walters Art Museum
© The Walters Art Museum, Baltimore

 Ou encore la joie et le naturel qui ressort de La danse à Bougival de Pierre-Auguste Renoir (PAR pour les intimes).

Les paysages sont aussi un sujet que l’on retrouve souvent au cours de la visite. Certains sont plus classiques, comme ceux d’Alfred Sisley et de Monet à ses débuts, et d’autres prennent une allure surréaliste comme Les peupliers, trois arbres roses, automne ou Eglise de Varengeville, effet du matin de Monet.

Peupliers, trois arbres roses, automne, Claude Monet, 1891 Huile sur toile, 93 x 74,1 cm Philadelphie, Philadelphia Museum of Art © Philadelphia Museum of Art
Peupliers, trois arbres roses, automne, Claude Monet, 1891
Huile sur toile, 93 x 74,1 cm
Philadelphie, Philadelphia Museum of Art
© Philadelphia Museum of Art

C’est donc les tableaux qui font la qualité de l’exposition. L’histoire de Durand-Ruel et de son rapport aux impressionnistes est instructive, mais elle paraît un peu dérisoire, face à l’héritage concret que représentent les peintures exposées. On peut donc être intéressé par Durand-Ruel, et lui être reconnaissant, mais on reste saisi, ébahi, devant les œuvres qu’il collectionnait.

Pour vous en rendre compte par vous même, allez-y. Il est rare de voir un ensemble de tableaux aussi bien agencé, une exposition aussi bien tracée. Cela n’a rien à voir avec le musée d’Orsay, où malgré la beauté des peintures, le visiteur se perd un peu dans la masse. On est guidé ici dans ce cadre calme, qui laisse tout le temps et l’énergie de profiter de manière entièrement de ces œuvres.

Ne loupez surtout pas La danseuse de PAR (un des tableaux que l’on a préféré).

Paul Lamy, Pôle Culture SPIV.

La page du Pôle Culture : https://www.facebook.com/culturespiv

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