Passion Festival – Solidays 2015 #2

Solidays 2015

Le soleil et ses 40 degrés, les chanteurs et musiciens de la grande scène, c’est dans cette ambiance que s’ouvre la conférence de presse concernant le bilan de cette 17e édition des Solidays.

 

La triste actualité des attentats a certes éclipsé le festival de son habituelle visibilité médiatique notamment aux journaux télévisés, néanmoins le bilan en reste plus que positif. Solidays est, rappelons-le, « un outil de lutte contre le sida et la détresse humaine » (Luc Barruet, Directeur-Fondateur de Solidarité Sida et Initiateur de Solidays). Et cette édition a été largement profitable : le montage financier ainsi que la billetterie ont été très bonnes, annonçant complet une semaine avant l’ouverture du festival. Le bilan financier est annoncé à plus de 2,4 millions d’euros, soit plus que le chiffre de la précédente édition. A noter également le record de fréquentation avec plus de 180 000 personnes présentent sur le festival au moment de la conférence. La météo a joué beaucoup, cela va sans dire. Avec cette visibilité, les Solidays peuvent devenir une « caisse de résonance médiatique sur les enjeux qui sont les nôtres : la prévention jeunes, la réduction des risques, la solidarité internationale et notamment laccès au traitement dans les pays en développement. » explique Luc Barruet. Les fonds récoltés permettent alors de venir en aide aux personnes atteintes mais également de faire de la prévention aussi bien en France qu’à l’international.

 

Pour décrire les Solidays, reviennent plusieurs termes : C’est un « esprit qui perdure dannées en années, ce sont 3 jours de paix, de bonheur et de solidarité. Cest quelque chose qui me semble capital » selon les mots dAntoine de Caunes. Cet élan de solidarité est partagé par les partenaires venant d’Afrique. Il leur donne cet espoir de ne pas être oubliés dans des pays qui, aux yeux des autres, n’existent pratiquement pas, selon les propos de l’un d’eux. L’idée d’humanité représente également bien le festival. On retiendra ce souvenir décrit par Luc Barruet: Pour le premier diying, 50 000 personnes se sont allongées par terre, dans la boue. Ce moment a suscité une grande émotion pour les partenaires internationaux. En Afrique, lorsqu’il pleut, la vie n’est plus la même. Ce moment revêtait pour eux une résonance d’autant plus importante.

Une autre image serait celle des Solidays comme lieu de pèlerinage. Pèlerinage non pas en qualité religieuse, mais en qualité de lieu où l’on vient « faire le plein d’énergie et chercher les forces pour les combats de demain » nous citait Luc Barruet, d’après l’expérience qu’un partenaire indien avait faite du festival.

 

Il répond à notre question concernant l’investissement des artistes au sein des Solidays. Ils s’engagent aux cotés des ambassadeurs des Solidays. Mais s’engager ce n’est pas si facile que ça. « Les rendez-vous sont difficiles à obtenir, il faut réussir à instaurer une relation de confiance. » Ne serait-ce que dépasser les barrières des managers est déjà une étape à franchir.  « Quand une porte se ferme, il faut passer par la fenêtre ». Lorsque que l’on va voir un artiste, on doit lui donner envie, lui simplifier la vie. « Il ne doit pas y avoir de déception. »

Sur les Solidays, il n’y a pas de programme de management à l’année, ce sont des participations de la part des artistes de manière ponctuelle, au moment du festival et pour le gala de charité le 1er décembre. « Meilleur est lartiste sur scène, mieux cest. »

 

Mais les Solidays, ce ne sont pas seulement l’engagement sur le devant de la scène, ce sont aussi les envers du décors, ces bénévoles qui travaillent des mois durant pour la réussite du festival. Ces jeunes qui militent, qui se lient à une cause. « Les jeunes sont très bien aujourdhui dans le monde. Je suis très optimiste, je vois cette énergie incroyable faisons tout pour les jeunes. » Nous disait Résa. (un des partenaires venant d’Afrique)

Yann Arthus Bertrand crois beaucoup au bénévolat dans le monde à venir. Les autres intervenants présents, en tête de liste Claudia, la responsable des bénévoles, ont mis l’accent sur cet investissement bénévole, sans quoi le festival ne serait rien. « Dites leur merci, encouragez- les ! Faisons lamour, faisons des hugs et faites des bisous à mes bénévoles ! »

 

On vous le confirme : Il y aura bel et bien une 18e édition des Solidays. La Mairie de Paris et France Galop ont revu le plan de réhabilitation de l’Hippodrome de Longchamp de telle sorte que cela soit possible. Seules les tribunes seront en travaux à ce moment-là. Il n’y aura pas d’impact sur les pelouses centrales où se déroule le festival. Mais les prospectives ne s’arrêtent pas là. Luc Barruet nous fait part d’une volonté d’agrandissement, non pas pour mettre en place plus de scènes, mais pour proposer « plus de contenu, danimations de sensibilisation et plus de place à lart. » Le format sera le même : une base de trois jours, mais les expériences proposées seraient plus diverses. « Lavenir des festivals en France est de plus en plus tourné vers ce qui se passe en dehors de la musique. » Les têtes d’affiche menacent économiquement les festivals et ne sont pas viables. Il aborde l’anticipation d’une expérience festivalière différente : les campeurs pourraient venir passer 4 jours à Paris et non 4 jours « seulement » aux Solidays. Le festival deviendrait alors un point de la ville sans en être l’unique centre. Le camping servirait alors de tremplin culturel, dans une dynamique plus ouverte et tournée vers le tourisme en général et non plus uniquement musical.

Camille Gerhard

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