Passe faire coucou au Bazar de Dubuffet!

Passe faire « Coucou » au Bazar de Dubuffet ! Sympathique exposition que celle qui se tient en ce moment aux Arts Décoratifs jusqu’au premier décembre prochain. Une rétrospective du travail de l’artiste français Jean Dubuffet à l’occasion du quarantenaire de la présentation de son œuvre pour la première fois au Festival d’Automne de Paris en 1973.

« Coucou Bazar » ou « Le bal de L’Hourloupe », c’est avant tout un travail pictural original de Jean Dubuffet correspondant à une période de son travail dite « de la Hourloupe » – mot faisant originellement référence au titre d’un livre mettant en regard des textes en jargon et des reproductions aux stylo billes rouge et bleu dont l’artiste s’inspire. Pour lui, c’est « un égarement mental », qui vise à dépeindre la ville, la vie et son fourmillement au travers d’un enchevêtrement de figures et de formes quadrichromatiques (bleu, rouge, blanc noir). Ce travail qu’il débute dans les années 1960 se verra représenté pour la première fois lors d’une retour sur cette partie de son oeuvre en 1973 où il produira pour la première fois ce qu’il appellera lui-même un « Tableau animé » au Guggenheim de New York.

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En effet l’artiste fait vite prendre vie à ses peintures en les passant de la deuxième à la troisième dimension : d’une création plane qu’on ne pouvait d’ores et déjà pas qualifier de « figée », on poursuit la déstructuration au point de mettre le mouvement lui-même en mouvement. Le peintre imagine ainsi une scénographie en partenariat avec d’autres artistes (dont on ne dévoilera pas ici les noms afin que vous puissiez jouir vous-mêmes de leur découverte en vous rendant aux Arts Déco), première représentation théâtralo-picturale sans parole. Une chorégraphie et une musique sont pour ce faire élaborées, aux confins du complexe recherché par l’artiste. « Coucou Bazar » ou « Le bal de L’Hourloupe » est né, retracé dans toute sa splendeur et la surprise qu’il a suscitée dans notre Paris chéri pour notre plus grande joie. On y découvre dans un ludisme enfantin ce passage du plan au vivant à travers l’exposition de costumes, de vidéos de ses spectacles qui s’exportent à trois reprises dans le monde entre 1973 et 1978, et même de performances qui retracent in vivo les prestations bazardeuses telles quelles.

Une exposition pas ennuyeuse pour deux sous donc, d’autant que vous ne verrez plus passer ni le temps ni l’espace dans cet entremêlement de formes et de couleurs représentées sous toutes leurs coutures, grandeur nature pareille qu’en l’an 1973. Vous y aimerez particulièrement la sensation de pénétrer des ateliers où le travail prend forme, petit à petit et le cheminement des collaborations que met en scène Dubuffet afin d’élaborer un spectacle sans précédent. Sans oublier le petit plus : découvrir l’intrigante sonorité de la voix de ce cher Jean lorsqu’il s’exprime en Anglais sur les ondes américaines..

Charlie

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