Overdose de couleurs à l’italienne, Smetto Quando Voglio – Semaine du Cinéma

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Smetto quando voglio de Sidney Sibilia
Overdose de couleurs à l’italienne? Critique de Natalia Foresti
2,5 / 5 Artichauts

A 17h en Chapsal le 20/02

Une bande de copains chercheurs à l’université de Rome, déclassée à cause de coupes budgétaires drastiques se retrouve forcée d’accepter des emplois sous-payés pour survivre. Pietro Zinni, neurobiologiste brillant a alors l’idée de mettre leurs talents à profit pour qu’ils puissent s’en sortir. Ils confectionnent une pilule qui ne figure pas sur la liste des drogues interdites par le ministère de la santé italien et la répandent dans les soirées romaines. Rapidement le groupe d’amis s’enrichit et commence à se faire connaître sur le marché, jusqu’à payer le prix de l’inexpérience.

Premier film de Sidney Sibilia, Smetto quando voglio a obtenu un Nastri d’argento en 2014 et a révélé le jeune réalisateur. Prétendant redonner du souffle au genre de la comédie italienne, le film ne parvient toutefois pas à convaincre entièrement. On retrouve certes la désillusion teintée d’humour sur les perspectives d’avenir pour des personnes éduquées mais privées de toute opportunité, cependant, l’ingrédient a déjà tant été utilisé en Italie qu’il perd de son efficacité dramaturgique.

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L’aventure de ces quelques amis qui se laissent emportés dans une affaire prometteuse et dangereuse parvient tout de même à captiver l’attention, et même à faire sourire. Peut-être est-ce néanmoins plus du fait de la grande bouffonnerie qui se déroule sous nos yeux. Il s’agit d’un film sympathique à prendre avec malice, sans y chercher une quelconque audace où une trace caractéristique d’un artiste. Il semblerait d’ailleurs que ce qui est recherché soit plutôt de l’ordre de l’efficacité : faire rire, par la voie de traits d’humour plus ou moins fins, plutôt grossiers la plupart du temps, parfois même à la limite de la vulgarité.

 Ainsi si le film pourrait passer, il y a certaines choses qui frôlent la frontière du scandale, spécifiquement la photographie. Les couleurs criardes qui sont adoptées fatiguent l’œil, qui s’efforce déjà de s’accrocher à la trame de l’œuvre. Un choix facile donc, à l’image de l’impression faite par le film. Bilan : peut mieux faire, et gardons l’espoir que le cinéma italien ne suive pas cette direction.

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