On ne voyait que le bonheur, Grégoire Delacourt

10410717_10203760911096719_3589976088507612138_n

Les plus :

  • Un roman facile et rapide à lire, comme un roman de gare.
  • Se rendre compte que finalement notre vie n’est pas si terrible, comparée à celle des protagonistes!

 

Les moins :

  • Un roman caricatural, qui sombre dans le pathos
  • Un style assez pauvre, des dialogues étriqués qui n’apportent aucun élément nouveau sur les thèmes traité

 

Note : 2/5

  Pour son quatrième roman, Grégoire Delacourt s’aventure dans un roman sombre et intimiste dans lequel il dépeint une tragédie familiale. Le récit de On ne voyait que le bonheur s’étend sur trois générations et se déroule entre le Nord-Pas-de-Calais et le Mexique. L’auteur entreprend d’aborder les thèmes du désenchantement, de la folie, de la mort, de la rédemption. Un projet ambitieux, peut-être un peu trop. Les chapitres sont brefs et narrent une série de malheurs : le cancer du père, la mort de la petite sœur, le chômage, le divorce… Le tout raconté par Antoine, un assureur quadragénaire médiocre, qui s’interroge sur la valeur de sa vie, se cherche, se penche sur son passé, jusqu’à tomber dans la névrose et commettre l’irréparable. Tous les éléments sont réunis pour un roman poignant et lacrymal.

10685447_10203760911176721_1455322500868810216_n

Et pourtant, l’histoire ne prend pas, ne parvient pas à décoller et à toucher le lecteur : trop de pathos, trop de drame, trop de stéréotypes. Le personnage principal n’inspire aucune sympathie, il est banal jusque dans son dégoût de la nature humaine. Il ne suscite d’ailleurs aucune émotion, pas même un sentiment de malaise comme un Meursault dans lEtranger. Le monde dans lequel il évolue est caricatural, monochromatique : dans cette société pourrie, tous les hommes sont mauvais, lâches, pervers, malhonnêtes – jusqu’au simple plombier qui tente d’arnaquer Antoine. Seuls quelques personnages surnagent mais ne sont pas moins caricaturaux : le jeune Mexicain plein d’amour, de talent et de bienveillance, vivant loin des vices occidentaux, apparaît presque comme une réadaptation malheureuse du mythe du bon sauvage. Si certains personnages sont plutôt réussis – la mère d’Antoine, qui perd la raison après la mort de sa fille et n’aime pas assez ses enfants pour continuer à être mère – la plupart sonnent faux. La troisième partie, racontée par la fille d’Antoine, est une vaine tentative pour mimer l’adolescence, à grands coups de « lol » et « mdr ».

                  Delacourt ne se refuse d’ailleurs aucun poncif, aucun lieu commun, en assénant des maximes telles que « Un jour de malheur efface mille jour de bonheur » ou « la vie vous donne toujours une seconde chance ». Des phrases banales et infondées, rédigées dans un style télégraphique et pauvre qui ne saurait dissimuler leur insignifiance. En bref, un roman décevant, qui ne laisse aucune trace chez le lecteur à l’exception de la désagréable impression de déjà-lu.

 

Agathe Hervey

 

Leave a Reply