Modiano, Prix Nobel de Littérature 2014

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Hier matin, affalée sur ma chaise, je prêtais une oreille distraite à la description que mon professeur d’atelier artistique faisait d’un certain auteur, Patrick Modiano. Entre deux conversations privées d’un réseau social dont je tairai le nom, j’ai tout de même retenu deux choses : qu’il était juif, enfant d’un couple ayant vécu sous l’Occupation et que l’une de ses œuvres les plus célèbres portait le même nom qu’une marque de croquette pour chien, Pedigree (2005). Néanmoins, mon professeur a réussi à attirer toute mon attention avec cette phrase simple : « Modiano est pressenti pour le prix Nobel de Littérature, peut être pourrons-nous ajouter un autre français sur la liste ». Il était 11 heures. Et à 13 heures, Stockholm annonce dans un français approximatif que ce même Patrick Modiano reçoit le titre de Littérature le plus honorifique et le plus convoité au monde. Un joli hasard, en quelque sorte !

Ainsi, Modiano rejoint aujourd’hui la longue liste des littéraires français qui ce sont vus décerner le prix Nobel, 15ème après Jean Marie Le Clezio qui fut récompensé en 2008.  Son livre Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, paru chez Gallimard le 2 octobre dernier, est l’aboutissement d’une carrière littéraire déjà longue et amplement récompensée.  On peut ajouter le Prix Nobel de l’auteur à un Pedigree déjà fourni comprenant entre autre un Prix Goncourt ou encore un Prix du roman de l’Académie française.

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L’Académie de Suède a expliqué en début d’après midi les raisons de cette attribution en récompensant « l’art de la mémoire avec lequel il a évoqué les destinées humaines les plus insaisissables et dévoilé le monde de l’Occupation ». En prenant compte du passé littéraire de l’auteur, cette explication n’est pas surprenante. Déjà avec son premier roman à succès La place de l’étoile (1968), Modiano oriente son œuvre romanesque vers des thèmes récurrents comme celui de la guerre et de l’Occupation. On retrouve aussi souvent la thématique du lien père-fils dépeinte de manière assez sombre, ou encore celle de la ville de Paris, que Modiano affectionne tout particulièrement et qu’il arrive toujours à décrire de manière époustouflante. Mais son thème majeur reste celui de la quête d’identité que l’on retrouve chez la plupart de ses personnages. Cela produit, le plus souvent, des œuvres riches mélangeant réalité et imaginaire, tout en se rattachant aux faits historiques.

Concernant l’auteur lui-même, il est important de relever sa simplicité et sa modestie, alors que sa réputation n’est pourtant plus à faire. Il a lui même été le premier étonné de cette récompense et a confié sa volonté de connaitre les raisons pour lesquelles son roman a été primé. Il reste, quoi qu’il en soit, un écrivain au style clair et accessible qui en fait une référence au sein du monde littéraire, comme au sein des lecteurs moins avertis. Cela explique aussi son succès international : il est traduit aujourd’hui en 36 langues.

Ainsi, si vous êtes las des nouvelles économiques ou politiques déplorables, retenez plutôt que la France, et notamment la littérature française, est encore gage d’excellence et de qualité à travers le monde.

 

Mathilde Thonon

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