Mia Madre – Nanni Moretti

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Sortie en France le 2 décembre 2015

Marguerita, réalisatrice italienne et personnage principal de Mia Madre, explique souvent à ses acteurs qu’ils ne doivent pas s’effacer derrière leur personnage, leur jeu ne doit pas être trop réaliste. Pourtant, la personne que l’on devine derrière Marguerita, ce n’est pas l’actrice qui l’interprète, c’est Nanni Moretti lui-même.

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L’histoire raconte l’envers du décor. Alors que Marguerita est en plein tournage d’un film au thème résolument social, sa mère s’éteint peu à peu dans une chambre d’hôpital. La pression s’accumule sur ses épaules : un acteur américain, joué par le fantasque John Turturro, perturbe ses prises de vue ; son frère, interprété par Nanni Moretti, reste trop calme à son goût face à la future mort de leur mère ; sa fille veut arrêter le latin et sa vie amoureuse semble n’être qu’un échec. Elle est réalisatrice, ses films sont considérés par les journalistes comme des œuvres engagées. Pourtant, au fil du tournage, elle semble avoir du mal à donner un sens à la grève ouvrière qu’elle filme. Sans trop s’éloigner du social, Moretti se rapproche de l’intime et donne une profondeur à chacun de ses personnages.

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On idéalise trop souvent les acteurs et même les metteurs en scène. Ils ressentent pourtant les mêmes émotions que nous et c’est comme ça qu’ils arrivent à nous les transmettre. Mia Madre n’est pas un film sur la mort, ni même sur la vieillesse. C’est surtout une ode à l’humanité des personnes qui font le cinéma et à ceux qui les inspirent. Nanni Moretti fait sa propre introspection sans pour autant verser dans la psychanalyse torturée. On rit souvent, on pleure un peu aussi, mais, à l’image de la dernière scène, les larmes d’émotions qui coulent sont très optimistes. Le jeu de Marguerita Buy est lumineux tandis que celui de Nanni Moretti résonne comme la voix intérieure de la réalisatrice, plus apaisée, qui tempère les moments pendant lesquels elle semble dépassée et craque sous le poids des événements. Le jeu de John Turturro est rocambolesque et apporte une légèreté euphorique au film.

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Malgré le tragique de la situation – la mort de la mère s’impose peu à peu comme une fin inéluctable – le film respire l’autodérision. « La réalisatrice a toujours raison », cette phrase, ironique prononcée par le personnage de Nanni Moretti, rappelle la devise de Certains l’aiment chaud, « personne n’est parfait »… et surtout pas le metteur en scène. Un beau message d’humilité !

Verdict : 4/5 Artichauts

Mathilde Dumazet

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