Dans mes Oreilles #2 : Daniel Darc au Paradis

Chapelle Sixteen, c’était le projet sur lequel travaillait Daniel Darc jusqu’à sa disparition en février dernier. Il s’était fait connaître en tant que chanteur du groupe Taxi Girl, mélange de punk et de new-wave. Il a aussi marqué des générations de musiciens Français : de Daho à Lescop en passant par La Femme, Daniel Darc a laissé des héritiers.J’hésitais un peu à l’écouter, cet album posthume, je me disais que ça allait me rappeler à quel point c’était triste d’avoir perdu cet artiste génial et talentueux, et puis en plus, comment faire la critique d’un album qui sonne un peu comme un testament ?

Si Chapelle Sixteen n’est sorti que ce mois-ci, c’est parce qu’il a fallu du temps à Laurent Marimbert, qui aidait Daniel Darc dans la réalisation de ce projet, pour arranger les titres et enregistrer les parties instrumentales. Surtout, c’est grâce à la mère de Daniel Darc, qui savait l’importance qu’avait ce projet pour lui et qui a convaincu Laurent Marimbert de l’aider, que l’album a été achevé. Il en ressort 29 sublimes titres, les 11 premiers, que Darc avait fini d’enregistrer avant sa mort, et 14 autres morceaux, inachevés, dans lesquels il nous livre sa sensibilité et sa force.

Son précédent album, la Taille de mon âme, sorti en 2011, était vu comme une autobiographie. Chapelle Sixteen est encore plus fort et plus touchant. A l’origine, Daniel Darc voulait en faire le récit de sa vie, de ses années de défonce, de sa “rédemption”. L’album ne suit finalement pas tout à fait ce schéma là.

On y trouve des titres qui parlent des bonheurs, des regrets, des femmes, de la vie quoi, avec une rare puissance. On retrouve les rythmes rock de ses premiers albums, des titres murmurés et bouleversants (notamment avec les textes de la seconde partie de l’album), et puis aussi des Variations (5, 6, 7 et 8), des bribes de morceaux, des mots de Darc enregistrés dans le studio,  qui font suite aux Variations (1, 2, 3 et 4) de La Taille de Mon Âme.

Et finalement, une fois écouté, cet album, c’est plus “l’album posthume de Daniel Darc”, c’est juste un album de Daniel Darc, juste un nouveau chef-d’oeuvre à écouter et à réécouter.

 

Mise en page 1

Juliette P.

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