Margaret Atwood. Des livres aux séries féministes à succès

The Handmaid’s tale avait fait sensation pendant la fin de l’été. Grande gagnante des Emmy Awards et nouvelle favorite des mouvements féministes, la série fait office de vitrine à succès de Hulu, principale concurrente de Netflix.

C’est une dystopie qui nous amène dans un pays, les Etats-Unis, où le pouvoir est dans la main d’un groupe extrémiste chrétien Gilead, profitant du désastre écologique et politique pour établir sa dictature de la procréation. Les femmes encore fertiles sont les servantes, dressées de rouge, qui ont comme seule mission d’ouvrir les jambe lors de la « cérémonie » et de prier pour être enceinte. Les autres sont soit épouses de nobles, soit maitresse de maison, soit tante, cette dernière devant gérer et éduquer les servante.

La série se concentre d’abord sur la situation misérable des servantes, violées institutionnellement. Mais toutes les femmes sont des citoyennes de seconde zone, considérées comme une marchandise, abusées , agressées en permanence, sans droits, ni à l’éducation, ni au travail, ni à la dignité, bref à la merci de la volonté du patriarcat.

Ensuite, c’est Netflix qui s’y ait mis, avec la diffusion de Alias Grace (Captive en Français), d’abord diffusé sur la CBC, une chaine canadienne. Cette fois-ci on se tourne vers le passé. Le docteur Simon Jordan, cherche à savoir comment Grace ; pieuse croyante, si jeune, si « pure » et naïve, aurait pu commettre le double meurtre de Nancy et Sir Kinnear ? Les problématiques de classes sociales, d’immigration et de droits des femmes, seraient-elles les vraies coupables ? Alias ​​Grace est lourd à bien des égards, mais la distance historique nous amène à relativiser les images : un avortement clandestin qui se traduit par une femme morte, minée dans le sang ou l’exploitation sexuelle des classes supérieures dans la partie inférieure, que même par risque de viol ne peuvent se rendre au toilette en pleine nuit.

Les deux séries illustrent chacune à leur la fragilité de la condition féminine, privée d’une pleine citoyenneté au compte du patriarcat, pouvoir masculin commun. Les deux séries sont des produits sortis tout droit de l’imagination de Margaret Atwood, auteure canadienne d »une littérature féministe, revendicatrice et surtout alarmiste.

Margaret Atwood a ses codes favoris. « Dans les deux cas, il est question d’une jeune servante prisonnière d’un système de répression féminine, l’un projeté dans le futur, l’autre campé dans le passé. Dans les deux cas, la fiction s’interroge sur la place des femmes dans nos sociétés et sur ce que chacun fait de sa conscience comme de sa liberté » explique le journal canadien Le Devoir.

Petite préférence pour the Handmaid’s tale, d’abord pour l’aspect esthétique : des plans et une chromatique magnifiques et pleines de sens. Ensuite pour une histoire plus forte qui implique au moins une seconde saison, tandis que Alias Grace se présente plutôt comme un long film de 6 parties. Certes, les scènes d’abus sexuel et les punitions physiques dans Handmaid’s tale sont difficiles à regarder, et peut être pas adaptées à un public sensible. Mais on s’énerve, on se révolte avec Offred, sous le rythmes de « You don’t own me » de Lesly Gore au premier épisode et de « Feeling good » de Nina Simone dans le dernier.

Ce qui semble le plus troublant, cependant, est la notion omniprésente que toutes les agressions (physique, morale, psychologique, politique etc …) que nous voyons dans The Handmaid’s Tale, et maintenant aussi dans Alias ​​Grace, se produisent encore aux femmes d’aujourd’hui.

Pauline Blanc

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