Magic in the Moonlight – Woody Allen

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Magic in the Moonlight de Woody Allen
3,5 / 5 Artichauts

Dès que le générique d’ouverture est lancé, on sait que l’on ne s’est pas trompé de salle. Cet éternel défilé de noms en blanc sur fond noir dans cette police inimitable, accompagné de cette petite musique intemporelle qui nous installe dans une ambiance à la fois mélancolique, romantique et humoristique. Pas de doutes, je suis bien face au nouveau Woody Allen. Fidèle à ses préoccupations existentielles ainsi qu’à son style, emprunt de l’ambiance festive des années 20, rappelant incontestablement Midnight in Paris, le réalisateur parvient toujours à surprendre et toucher le spectateur.

Wei Ling Soo est le magicien le plus célèbre de son époque mais qui pourrait penser que ce personnage fantaisiste soit incarné par Stanley Crawford (Colin Firth), un anglais on ne peut plus désagréable, arrogant et grognon. Fier de son art de prestidigitateur, il ne supporte pas les soi disant médiums prétendant être capable de prédire l’avenir. Néanmoins, il se laisse entraîner par son ami Howard Burkan (Simon McBurney) chez les Catledge auprès desquels il se fait passer pour un homme d’affaire, dans le but de démasquer une prétendue médium, jeune et charmante, Sophie Baker (Emma Stone) qui séjourne chez eux avec sa mère.

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La magie fascine Woody Allen, déjà lui même magicien dans Scoop, mais celle ci se joue de la réalité et donc de la mort. Colin Firth est le faire valoir du réalisateur, un homme dont la vie se résume au pessimisme dû à ses questions existentielles concernant principalement la mort et la religion.

La lumière teintée d’or et de bleu reflétant l’ambiance de la Côte d’Azur de la maison des Catledge, nous invite au voyage et décuple les émotions. Un Colin Firth plutôt glacial et pédant mais extrêmement juste se trouve face à la figure de la tentation, Emma Stone, sublimée dans ce film tant par la photographie que les costumes, riches de robes taille basse, de chapeau cloches fleuris et de couleurs pastels, la rendant tout à fait charmante.

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Hobbes, Nietzche et Dickens, tentant d’aider Stanley Crawford à démasquer Sophie Baker et de raccrocher celle-ci à la vérité de la vie, se retrouverons autour d’un charleston, et surtout sous un beau et « menaçant » ciel étoilé où la perpétuelle poésie du cinéaste est la plus intense.

Entre scientisme et fantaisie, Woody Allen nous guide une nouvelle fois dans son monde, au plus profond de lui-même, nous laissant durant tout le film un sourire sur le visage et parvenant sans en avoir l’air, tel un prestidigitateur de renom, à renverser les situations.

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Si le titre, Magic in the Moonlight, ressemble à s’y méprendre à ceux de ses derniers films, il n’est pas nécessaire d’être «initié» à Woody pour apprécier ce film tout à fait charmant. Il saura séduire ses futurs admirateurs auxquels on conseillera sans doute de regarder La rose pourpre du Caire en sortant de la salle face à leur enthousiasme.

Faut-il garder les pieds sur Terre ou s’évader ailleurs ? A vous de voir…
Woody Allen semble, pour son 44ème long métrage, commencer à régler les questions qui l’encombrent.

Chloé Triquet

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