L’origine del mondo

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Divisée en trois parties d’une heure environ, la pièce l’origine del mondo, qui joue jusqu’au 24 octobre au théâtre de la Colline, s’ouvre autour d’un réfrigérateur, et sur la question essentielle de trouver quoi manger pour satisfaire une faim nocturne. C’est donc sur un mode très humoristique que débute l’incursion du spectateur dans le monde d’une mère et de sa fille, entretenant des relations difficiles. Chacune peine en effet à trouver sa place dans la configuration familiale. Daria, la mère, est particulièrement en proie à des doutes existentiels quant à sa place par rapport à l’univers, et elle ne se reconnaît pas dans cette fille qui lui semble étrangère. Cette dernière tente désespérément d’attirer l’attention maternelle, sans succès. S’immisce dans ce face-à-face la figure de la psychologue, jouée également, de façon brillante, par la même actrice que la fille, Federica Santoro. De ce double dialogue transparait de façon croissante l’angoisse de Daria face au monde, qu’elle n’arrive pas à réconcilier avec sa propre existence.

Après un court entracte s’ouvre la deuxième partie de la pièce, centrée cette fois-ci autour de la machine à laver. Fait son apparition un quatrième personnage, la mère de Daria et grand-mère de Federica : on entre dans un dialogue tri-générationnel centré autour de la figure de la mère. Federica apparaît de plus en plus troublée : ne sortant plus de chez elle, coupée des deux autres protagonistes et particulièrement de sa fille, elle est en proie à une sorte de folie. Le dialogue se noue entre la grand mère et sa petite fille face à cette communication impossible avec la mère. Cette seconde partie pose principalement la question du modèle maternel et particulièrement de son absence.

La troisième partie finalement se joue autour d’un évier. La fille a quitté la maison, la mère se retrouve seule. Elle monologue dans le cabinet de sa psychologue, évoquant de façon croissante son incapacité à se trouver une identité, face à elle et face à ceux qui l’entourent. Elle se heurte à un mur d’incompréhension : le dialogue est impossible.

origine del mondo

Si les deux premières parties de la pièce ont su évoquer avec humour et dynamisme les questions identitaires, existentielles, celles de la complexité des relations fille-mère et également, en parallèle, le rôle de la psychologie dans le monde contemporain, la troisième partie ne semble elle rien ajouter au développement de la pièce. Les longueurs et les redites s’accumulent sans que le rire, qui servait de soupape, soit au rendez vous. Si la première moitié de la pièce augurait donc très bien, on ressort déçu de l’origine del mondo, qui aurait pu renforcer son propos en le concentrant sur une durée moitié moins longue…

Camille Girard-Chanudet

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