Lola Alvarez Bravo Photographies/Mexique

Lola Alvarez Bravo,

 Lola Alvarez Bravo, Les uns montent, les autres descendent, 1940. Photographies de Lola Àlvarez Bravo, collection Fondation Televisa, Mexico © Center for Creative Photography (CCP), University of Arizona, Tucson.

A deux pas de Sciences Po se trouve un lieu d’exposition assez peu fréquenté par les étudiants, et c’est bien dommage. La Maison de l’Amérique latine, sur le boulevard Saint Germain, propose toute l’année des expositions d’artistes, surtout de photographies et de peinture. En ce moment se tient une présentation de l’œuvre de Lola Alvarez Bravo. 

L’exposition commence par une introduction à la vie de Lola, cette jeune mexicaine qui, au travers de son mari, plonge dans la bohème artistique du Mexico des années 1920. Sous l’influence du mouvement dada qui se développe en Europe au même moment, cette période est particulièrement riche sur le plan artistique pour le Mexique, alors que la vie politique se libéralise suite à la révolution de 1910. (Le pays a en effet connu pendant 10 ans une suite de coup d’état sur fond de développement du mouvement zapatiste communiste).

Dans ce contexte, Lola se lie d’amitié avec de nombreux artiste, dont Frida Khalo, peintre et militante communiste et féministe, dont elle fera plusieurs portraits, et à qui elle consacrera une exposition.

 

Frida Kahlo, sans date. Photo Lola Alvarez Bravo, collection Fondation Televisa. Center for Creative Photography

Lola Alvarez Bravo, Frida Kahlo, sans date. Photographies de Lola Àlvarez Bravo, collection Fondation Televisa, Mexico © Center for Creative Photography (CCP), University of Arizona, Tucson.

 

Ce n’est qu’un des nombreux portraits réalisés par Lola. Si ils frappent par leur coté « pris sur le vif », non posés, ils révèlent en même temps la beauté d’une situation de la vie quotidienne par des détails de jeu de lumières, ou avec un angle particulier. Une impression passéiste se dégage de ses portraits en noir et blanc, comme s’il nous montrait des personnages anciens, mélancoliques.

 

Lola Alvarez Bravo, Dans sa propre prison, 1950

Lola Alvarez Bravo, Dans sa propre prison, 1950. Photographies de Lola Àlvarez Bravo, collection Fondation Televisa, Mexico © Center for Creative Photography (CCP), University of Arizona, Tucson.

 

 

Le triptyque des martyrs par exemple, montre 3 prostituées, nues, dont le visage est caché par une ombre. Au milieu de la végétation, ces femmes sont mises en valeur, photographiées comme des déesses pour la beauté de leur corps. Ces photographies offrent une vision poétique, esthétique de la souffrance.

 

La majeur partie du travail de Lola évoque des enjeux sociaux, comme l’impact des réformes du gouvernement mexicain sur les ruraux. Elle a en effet effectué un travail documentaire pour le gouvernement, où elle se concentre sur les moments de repos, de prières et de fêtes des personnes touchées par les réformes. L’accent est mis également sur les coutumes locales, comme celle des judas, marionnettes brûlées lors de fêtes pour conjurer le mauvais sort.

Elle s’essaie ensuite au photomontage, dans des œuvres ressemblantes à celles de Grosz et Heartfield, qui montre le monde ouvrier des années 1950. On y voit donc des travailleurs à la chaîne, entouré d’objets industriels, de machines, comme écrasés par elles.

Lola Alvarez Bravo, Ouvrir des chemins,

Lola Alvarez Bravo, Ouvrir des chemins, 1848. Photographies de Lola Àlvarez Bravo, collection Fondation Televisa, Mexico © Center for Creative Photography (CCP), University of Arizona, Tucson.

 

Cette exposition permet donc de découvrir une artiste aux œuvres variées, entre les portraits artistiques, les documentaires poétiques et les photomontages plus moderne. En s’essayant à ces différents exercices, elle met en parallèle ses photos pour le gouvernement, qui se veulent représentant objectivement la réalité, et des œuvres personnelles, qui laissent transparaître son ressenti.

 

Les + :

– Une découverte agréable de l’ambiance générale du Mexique

– Des portraits intéressants, présentés avec un for parti pris esthétique

Les – :

Assez peu de matières permettant d’explication écrite sur le contexte, notamment politique, dans lequel Lola évoluait.

Note : 4 sur 5 Artichauts

Informations:

Lola Alvarez Bravo, Photographies/Mexique, à la Maison de l’Amérique Latine

Du mercredi 23 Septembre au samedi 12 Décembre 2015.

La Galerie d’exposition est ouverte du lundi au vendredi de 10h à 20h, le samedi de 14h à 18h.
Métro : Solférino ou Rue du Bac
R.E.R. : Musée d’Orsay
Bus : 63, 68, 69, 73, 83, 84, 94
Parking : Bac / Montalembert

Alexia Beaujeux 

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