Live Report – Imelda May à l’Olympia

IMG_20141108_200922

Imelda May à l’Olympia le 8 novembre
“You have no excuse: you have a four day week-end, it’s Saturday night, you’re French (and it’s well known that you drink more than Irish people), you should be drunk and able to sing with us!”
Parce que le rock and roll n’est pas mort et qu’il suffit de la voir, pour le croire.

imelda photo toileLa première partie, The Angry Cats est un bon présage de ce qui va suivre. En fond, une toile gigantesque annonce la diva de la soirée. Sur cette toile ne ressortent que son nom, ses yeux félins et son sourire à la manière du chat du Cheshire. Alors quand à 21h05, ovationnée avant d’arriver sur scène, elle débarque, c’est un peu comme si Duchesse, Star Cat et sa bande de musiciens sortaient des aristochats pour nous faire swinguer. La métaphore marche pour les deux premières chansons : une femme magnifique, (ou comment avoir 40ans sans les faire) qui maîtrise parfaitement sa voix sur les deux tubes du dernier album : Tribal et Wild Woman. Accompagnée de quatre types, un peu chauves et pas très athlétiques mais qui foutent le feu à la salle en deux-trois accords.

A vous de juger de la pertinence de la comparaison :

Il est assez intéressant de voir que la majorité du public leur ressemble : pin ups et vieux rockeur ont envahi la salle. Néanmoins ils ne sont pas seuls et c’est assez fou de réaliser que Rock and Roll, le Rockabilly, le Blues, etc sont aujourd’hui les styles les plus à même de réunir toutes les générations. La moyenne d’âge au balcon doit dépasser les 50ans tandis que celle de la fosse doit avoisiner les 40. Peu de « jeunes » autour de moi, à part une bande de punk et des enfants accrochés au cuir de parents qui ont décidé de prendre leur éducation musicale en main.

Au bout des deux titres, la duchesse s’arrête et laisse sortir la bête en elle. Elle se met à nous parler avec son accent irlandais si chaleureux qu’on se croirait presque au Paddy’s (fameux pub irlandais de Lyon), avec elle, autour d’une bière. Le groupe enchaîne avec brio en alternant les chansons issues de chacun de ses trois derniers albums. On retient la très belle Wicked Way (mieux qu’en studio) et Hellfire Club, définitivement le troisième tube de Tribal, album sorti en début d’année. Moment de grâce au bout d’une dizaine de chanson : l’irlandaise reprend Spoonful, un vieux blues qui donne frissons et envies de danser comme on les aime ; reprise qu’elle jouait déjà à 16ans dans les clubs dublinois nous raconte-t-elle.

Sans transition : It’s good to be alive ou ce qu’on appelle communément le moment de communion pendant le concert où le public chante « tututulululu », « OOOOhhh Yeah-heah » de bon coeur. Et soudain…elle s’approche du côté droit où je me trouve. Le grand monsieur dont la tête me cache parfois la scène se retourne vers son acolyte : « Elle m’a regardé…J’te jure ! », mais la plupart du temps, elle n’a d’yeux que pour le guitariste, son mari.

Les très pêchues, Ghost of Love et Eternity ne nous préparent pas vraiment au déferlement d’émotions que seront les quelques minutes intenses de Gypsy in me. C’est à ce moment qu’on réalise que depuis le début du concert, elle n’a pas fait une seule fausse note, sa technique vocale est parfaite malgré la difficulté des mélodies. La diva ouvre en grand les bras et toute sa puissance se révèle alors dans le rythme lent de la ballade.

Les dernières chansons de la première partie se font au pas de course, Mayhem et Johnny Got a Boom Boom, plus rapides qu’en studio, finissent de porter l’enthousiasme du public à son paroxysme. Une petite déception vite remplacée par le bis : I Wanna Dance et Tainted Love absentes de la setlist.

Le rappel nous arrache les premières larmes du concert. Le contrebassiste a l’air énorme lorsqu’il tient un Ukulele, mais les rires s’arrêtent immédiatement après les premières notes de Bang Bang. La voix d’Imelda May transperce chaque centimètre carré de l’espace de l’Olympia, chaque voix du public qui reprend en cœur le refrain vibre d’émotion. Dreamin’ de Blondie et une chanson ‘en français’ composée à Paris il y a quelques années, ballades mélancoliques, nous enveloppent dans une atmosphère surréaliste.

Le groupe dans son ensemble a vite fait de nous ramener les pieds sur Terre avec Pulling the Rug et Right Amount of Wrong !

Un concert jouissif dont la seule morale est : Good old Rock and Roll is not dead !

Set List : 1 Tribal ; 2 Wild Woman ; 3 Big Bad Handsome Man ; 4 Love Tattoo ; 5 Wicked Way ; 6 Five Good Men ; 7 Hellfire Club ; 8 Go Tell the Devil ; 9 Spoonful ; 10 It’s Good to Be Alive ; 11 Ghost of Love ; 12 Eternity ; 13 Gyspy in Me ; 14 Zombie Girl ; 15 Road Runner ; 16 Inside Out ; 17 Round the Bend ; 18 Psycho ; 19 Mayhem ; 20 Johnny Got a Boom Boom
Rappel : Bang Bang ; Dreamin’ ; Chanson en français ; Pulling the Rug, Right Amount of Wrong

Mathilde Dumazet

Leave a Reply