Live : Magnetic Ensemble et Maestro

Magnetic Ensemble

Badaboum !!! Ce fut ma réaction ce 14 février, et c’est aussi le nom de la salle qui présentait deux groupes : Maestro en première partie et Magnetic Ensemble en tête d’affiche.

Une soirée électro en perspective, mais ici pas de DJ, pas de graphistes reconvertis en photoshopeurs de musique (vous l’aurez deviné, j’ai une dent contre certain), là les musiciens jouent sur de vrais instruments, vous me direz : « ouais mais c’est pas le même rendu, quand même ! » et ben … c’est pas du tout ce qu’on croit …

Tout d’abord, le lieu : Le Badaboum, petite boite au plafond lumineux, une belle scène, bref une salle sympa.

Ouverture des hostilités, la première partie : Maestro

Trois musiciens, un batteur aux allures de Fat Freddy des Freaks Brothers (super BD au passage si vous ne connaissez pas, foncez !), un pianiste aux chaussures zébrées et un chanteur mélancolique au regard de glace contemplatif style Corto Maltese (super BD au passage si vous ne connaissez pas, foncez !).

Ça commence sur des sons de minimale, pour partir sur de la techno bien lourde aux influences Pop, Rock et un peu de Jazz. Le chanteur apporte un petit côté Joy Division, un autre côté U2 ; quant au pianiste et au batteur, ils nous offrent un son style année 80 sans pour autant tomber dans le kitch.

Dernier morceau, nouveau membre qui arrive, un saxophoniste, feu d’artifice final, même la sécurité (un jeune) bouge sur le rythme effréné de Maestro.

 

Et c’est là qu’entre en scène Magnetic Ensemble :

Magnetic Ensemble

Six musiciens armés jusqu’aux dents, qui passent trois par trois, prêt à faire bondir. Antonin Leymarie, compositions et batterie ; Sylvain Lemêtre, percussions digitales et vibraphone ; Benjamin Flament, percussions métalliques traitées et vibraphone Fabrizio Rat, piano préparé ; Adrien Spirli, synthétiseur basse et booker ; et Thomas de Pourquery, voix, susurrations, murmures et sudation.

La section rythmique : équipée d’un nombre de percussions impressionnant (les batteurs de Frank Zappa n’ont qu’à bien se tenir !), allant du bol tibétain au bol de cuisine en passant par le gong, la batterie et la tôle cabossée, ainsi que d’effets en tous genres. Elle en impose et annonce un son bien rythmé.

Les pianistes : l’un, armé d’un synthétiseur analogique (vous savez les vieux synthés avec plein de câbles partout et une allure de console de contrôle de fusée) donne une couleur bien particulière ; le second, équipé de synthés moderne, est en charge des basses, lourdes, puissantes, caractéristiques de l’électro.

Le chanteur : grosse barbe, allure de Viking, une voix rappelant celle de Matthew Bellamy (Muse, mais dans les débuts hein !) mais avec plus d’énergie, beaucoup plus. Des textes anglais et français absurdement poétique, le vêtement qui magnifie l’ensemble.

Les morceaux commencent avec de la transe progressive, on fait monter la sauce, on prépare la montée, l’acide auditif commence à faire effet. La section rythmique envoie des cadences complexes, joue avec le rythme, fluctue et prend vie, dévoile son âme, agressive, entrainante et unificatrice. Un choc des cultures et des époques pour une synchronisation parfaite. Les musiciens sont en cercle, ils se font face, se parlent, réunis autour d’un cordon ombilical céleste illuminé au rythme des percussions. Une batucada primitive ayant découvert l’électro et offrant une transe aux allures minimales, un ensemble attirant le public à lui, tel un amant/aimant, Le Magnetic Ensemble.

Comme lors de la première partie, un nouveau membre entre sur scène, un trompettiste, on sent la fin du concert annoncé par cette trompette de l’apocalypse.

Très peu de pause entre les morceaux, pas le temps de perdre le fil, une vraie performance live. C’est d’ailleurs l’essence de ce projet, le live, pas d’album, on peut quand même les retrouver sur soundcloud.

Néanmoins, pour les avoir déjà vu, niveau son, c’est toujours aussi bon et pêchu, mais petite différence : la scène. En effet, pour l’autre concert, Magnetic Ensemble avait joué au milieu du public dans un chapiteau. La proximité, la relation public/musiciens n’en était que plus forte.

Les musiciens de ce groupe sont scéniquement beaux, par là je veux dire qu’ils nous attirent par leur énergie, leur cohésion. On a envie de les rejoindre. C’est un bijou rare que l’on veut chérir.

Comme ils se décrivent eux-mêmes :

« Transe technoïde à la main »

Ou d’autres :

« Artisans d’une transe technoïde acoustique, d’un battement humain, d’une jouissance collective »

« C’est la construction progressive d’une musique artisanale… Un délire instrumental et poétique qui rend fous, une sorte d’art brut un peu punk, sensible et vivant » (Aurélie SFEZ – FRANCE INTER)

Alors rendez-vous au prochain concert (peut-être pour un featuring avec Guillaume Perret … si seulement …).

Les + : 

  • Du Live ! Du Live ! Du Live ! Du vrai
  • Des textes en français, en anglais (Jeanne Added est présente à certain concert !)
  • Du neuf dans le son, de l’original, un projet vraiment intéressant
  • L’immersion du groupe au milieu du public, on dance autour de leur feu musical, on rentre en transe.

Les – :

  • Euh …
  • Pas d’album (d’un autre côté faut savoir ce qu’on veut aussi …)
  • Pas assez de concerts prévus !!!

Verdict : 5 artichauts sur 5

Magnetic Ensemble

 

Jetez un coup d’œil par vous-même : http://magneticensemble.tumblr.com/

 

Antoine Malbos de Latour

Leave a Reply