L’Homme du peuple – Andrzej Wajda

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L’Homme du peuple – Człowiek z nadziei
L’hommage d’Andrzej Wajda à Lech Wałęsa
4,5 / 5 Artichauts

Considéré comme le plus grand cinéaste polonais vivant, Andrzej Wajda achève avec L’Homme du peuple son triptyque sur Solidarność, précédé de l’Homme de marbre (1977) et de l’Homme de fer, qui a décroché la Palme d’or en 1981. Après Katyń (2008) qui traite du massacre des milliers d’officiers polonais par les Soviétiques en 1940, le réalisateur, également récompensé par plusieurs César et un Oscar d’honneur en 2000, se penche de nouveau sur un moment marquant de l’histoire de son pays.
Il revient sur la vie de l’homme qui a changé la face de la Pologne, du fait de son engagement pour la liberté au sein du premier syndicat libre de l’espace soviétique, acteur majeur des bouleversements ayant conduit à la chute du système communiste.

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L’œuvre se veut biographique, et attache une attention particulière à la vie personnelle de Wałęsa. Père de six enfants, on a trop longtemps ignoré le rôle crucial qu’a joué son épouse dans la vie du futur président de la Pologne, en le supportant sans faille, jusqu’à accepter les humiliations des forces de l’ordre, et ce, sans émettre de doutes sur la nécessité de l’engagement de son mari. Le rôle de Danuta Wałęsa est interprété par Agnieszka Grochowska, dont la justesse porte le film du début à la fin.

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Comme dans ses précédents films, Andrzej Wajda pointe le conflit posé par les aspirations individuelles et l’engagement politique. Robert Wieckiewicz s’y montre à la hauteur, dans un jeu où l’attention a été particulièrement portée sur la gestuelle du personnage, qui contribue à son charisme face aux foules venues participer aux mouvements de grève.

Le rythme de l’œuvre est soutenu par une interview donnée par Wałęsa à Maria Rosaria Omaggio, une journaliste italienne venue jusqu’à Gdańsk pour l’interroger, du fait de l’aura internationale qu’il commence à acquérir en 1980. Le mélange de l’italien et du polonais est dans ce cadre parfaitement orchestré et s’inscrit dans un travail esthétique que le réalisateur n’a pas négligé malgré le genre biopic du film. L’atmosphère des interrogatoires et des passages à tabac de la police, lors du bain de sang dont s’est rendu coupable le pouvoir lors du « jeudi noir » de 1970, se trouve par ailleurs habilement retransmise par le cadrage et les plans qui se succèdent à grande vitesse.

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La musique de l’époque a été utilisée pour le film, remettant au goût du jour les artistes ayant porté le combat pour la liberté dans leurs textes, dont on retient notamment « Wolność » de Bogdan  Łyszkiewicz.

Natalia Foresti

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