Le Marais « en héritage(s) »: une approche originale à la découverte d’un quartier

ef71bc3f2f487d6a9eedd6ec9f1487f3

Pour faire face à la forte urbanisation des années 60, le parlement français vota la « loi Malraux » permettant la création des « secteurs sauvegardé », c’est-à-dire des zones urbaines « soumises à des règles particulières en raison de leur caractère historique, esthétique ou de nature à justifier la conservation, la restauration et la mise en valeur de tout ou partie d’un ensemble d’immeubles, bâtis ou non ». En 1964, le Marais était le premier quartier parisien déclaré « secteur sauvegardé » et l’exposition « Le Marais en héritage(s) » au Musée Carnavalet, célèbre jusqu’au 28 Février son 50e anniversaire.
carte

 

À travers un parcours s’étendant sur plusieurs salles avec plus de 300 œuvres, le visiteur est plongé dans 50 ans d’histoire et de ce fait, se rend compte des dimensions sociologiques, économiques et humaines qui ont caractérisé ce quartier depuis les années 60. L’exposition débute « dans le futur » avec la présentation  des projets architecturaux contemporains, qui témoignent d’un dialogue harmonieux entre le patrimoine historique et les projets à venir. Par la suite, l’exposition nous amène dans le passé grâce à une «matériauthèque », constituée par des anciens éléments d’architecture, pièces inédites, issues d’hôtels particuliers et provenant aussi de fouilles archéologiques récentes.  Chaque quartier parisien a une âme et une couleur, d’autant plus concernant le cas du Marais, pour lequel une étude conçue pour l’exposition, a établi de nombreux nuanciers de couleurs typiques du quartier, de gris au rose au bleu.

Conseil d'Architecture d'Urbanisme et de l'Environnement (CAUE) de Paris, Stéphanie Cauchi & Guillaume de Monfreid, Partenaire pour le nuancier de couleurs intrinsèques : entreprise Colombo. Couleurs architecturales du Marais, Étude chromatique spécialement conçue pour l’exposition © CAUE de Paris/Guillaume de Monfreid

Conseil d’Architecture d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE) de Paris, Stéphanie Cauchi & Guillaume de Monfreid, Partenaire pour le nuancier de couleurs intrinsèques : entreprise Colombo. Couleurs architecturales du Marais, Étude chromatique spécialement conçue pour l’exposition © CAUE de Paris/Guillaume de Monfreid

Le but de l’exposition est, donc, d’informer les visiteurs mais de manière originale, à travers une approche sensorielle. Par exemple, l’exposition est agencée avec le toucher, en donnant une idée des matériaux utilisés pour la construction du quartier ; la vision, avec les nuanciers  ou bien avec l’ouïe, grâce à la récolte des témoignages auditifs des habitants du quartier. Le tout au sein d’une perspective historique, appuyée par le témoignage d’images de l’aménagement du quartier avant d’être déclaré « secteur sauvegardé », et des personnalités politiques qui ont contribué à son amélioration. Finalement, des aquarelles de plusieurs auteurs « urban scketchers » contribuent à nous offrir une autre perspective, cette fois plus personnelle.

© Marion Rivolier Urban Sketchers Paris Marion Rivolier, Place des Vosges, arcades, SketchCrawl, 14 février/8 mars 2015, Aquarelle

© Marion Rivolier Urban Sketchers Paris
Marion Rivolier, Place des Vosges, arcades, SketchCrawl, 14 février/8 mars 2015, Aquarelle

© Delphine Priollaud-Stoclet / Urban Sketchers Paris Delphine Priollaud-Stoclet, Rue des Rosiers. Gouache . SketchCrawl, 14 février/8 mars 2015.

© Delphine Priollaud-Stoclet / Urban Sketchers Paris
Delphine Priollaud-Stoclet, Rue des Rosiers. Gouache . SketchCrawl, 14 février/8 mars 2015.

Toute l’exposition est une invitation à se promener : il nous ne reste plus qu’à explorer les rues de ce beau quartier, en étant cette fois-ci tout à fait conscient de son histoire et de son évolution.

 

Les +++ : une exposition originale qui dévoile  la richesse et de l’histoire du Marais au sein du Musée Carnavalet.

Les — : manque d’aspect critique dans l’exposition des faits.

Note: 4 sur 5 Artichauts

Infos 

Le Marais en héritage(s) : 50 ans de sauvegarde, depuis la loi Malraux, MUSÉE CARNAVALET, du 4 novembre 2015 au 28 février 2016

Irene Morlino

 

Leave a Reply