Les limbes oniriques

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Etienne Saglio, jeune représentant de la magie nouvelle s’installe au Centquatre jusqu’au dimanche 21 décembre. Après un premier spectacle produit en 2009 et qui a beaucoup tourné depuis, Le Soir des Monstres, il présente Les Limbes, de nouveau avec sa compagnie, Monstre(s). Une création aérienne toute en beauté.

Les plus :
– Des lumières absolument magnifiques
– Un mélange des discipline, entre cirque et théâtre, avec usage de la marionnette
– Visuellement incroyable, le jeu entre les bâches plastique, les hologrammes, et le tout accompagné d’un éclairage parfait ne peut laisser de marbre
– La musique accompagne parfaitement ce songe quasi-crépusculaire

Les moins :
– On pourrait considérer qu’il y a un très léger passage à vide à un certain moment, mais il s’inscrit en réalité parfaitement dans le rythme du spectacle

Note : 4,25 artichauts sur 5

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A l’origine jongleur, Etienne Saglio s’est orienté vers la magie pour « développer un univers personnel ». Dès le début du spectacle, il présente sa marionnette qui va l’accompagner tout le long, et avec laquelle il va faire des jeux de miroirs. Il devient sa marionnette, et sa marionnette le possède, ce lors d’un combat d’homme à « homme ». Il en fait une espèce d’avatar de lui-même dont il va jouer pendant près d’une heure.

Avec pour fond le Stabat Master de Vivaldi, Etienne Saglio fait valser des bâches plastiques grâce à sa fidèle rapière, à la manière d’un chef d’orchestre. A l’aide d’une lumière parfaitement maîtrisée, il offre au spectateur un monde onirique dont on espère ne pas émerger, au fil de ces apparitions fantomatiques. Des hologrammes surgissent, presque moqueurs, qui laissent percevoir une sorte de triple identité entre lui, sa marionnette, et ses reflets livides.

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Les feux follets de Saglio nous entraînent dans un songe aérien, lyrique, formidablement poétique. Les fondus au noir effacent toute perspective réelle, semant le doute auprès du spectateur. Impossible de parvenir à comprendre qui se présente à nous, et cette guerre laisse le jeune jongleur totalement possédé par sa marionnette qui absorbe une âme plastique translucide à la manière d’un attrape-rêve. Etienne Saglio nous transporte dans son univers, entre théâtre empreint d’une fausse maladresse et d’un certain humour et nouveau cirque ; et cette superbe danse de lucioles rieuses ne laisse pas indifférent.

Bertrand Brie

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