Les filles au Moyen-Age – Hubert Viel

(C) Potemkine Distributions

Ne manquez pas Les Filles au Moyen-Âge le 22 février pendant la SEMAINE DU CINÉMA du BDA !

 

« J’ai trouvé qu’il n’y avait pas de meilleur moyen de rendre hommage à cette période que de la représenter avec lyrisme, humour et décalage. On rit énormément au Moyen Âge. » Hubert Viel.

(C) Potemkine Distributions

(C) Potemkine Distributions

Au goûter d’anniversaire de Léana, les garçons préfèrent jouer aux chevaliers sur leurs jeux vidéo. Son grand-père (Michael Lonsdale) lui propose alors, ainsi qu’à ses amies, un voyage dans le temps pour découvrir ce qu’il en retournait (au présent non ?) vraiment pour les femmes au temps des cathédrales. Soudain, d’une zone pavillonnaire enclavée dans un réseau maussade d’autoroutes et de grandes surfaces, la magie du conte nous plonge dans un Moyen-âge fabuleux où l’histoire devient un jeu d’enfant.

Les Filles au Moyen-Âge revêt la forme d’un film à sketches permettant une succession rapide d’hilarantes reconstitutions, dans lesquelles vont se côtoyer aussi bien Jésus, Clovis et son influente épouse, qu’Hildegarde de Bingen, Marie d’Anjou, Agnès Sorel et, bien évidemment, Jeanne d’Arc. Véritable Ballade des dames du temps jadis en image, cette galerie de portraits est incarnée par six enfants plus talentueux et espiègles les uns que les autres (parmi le trio de filles, citons la remarquable Malonn Levana vue dans Polisse et Tomboy), de surcroît vêtus de costumes époustouflants.

(C) Potemkine Distributions

(C) Potemkine Distributions

Le choix de la pellicule super 16 confère un délicieux aspect rétro au film. Tout est rétro, du générique vintage en passant par le parti pris judicieux du noir et blanc pour les histoires dans l’Histoire et du retour à la couleur pour le présent. Les décors bucoliques sont enchanteurs : champ lumineux, forêt luxuriante aux ruisseaux mélodieux, clair-obscur mystique d’une abbaye, paisible jardin de simples…

Deuxième long-métrage du réalisateur, le film constitue aussi un hommage au titan vénérable du monde du spectacle, Michael Lonsdale. Avec près de 150 films et une soixantaine de pièces de théâtre à son actif, ce sosie de Gandalf et troubadour des temps modernes semble tirer sa révérence dans une scène finale douce-amère.

(C) Potemkine Distributions

(C) Potemkine Distributions

En effet, par un subtil jeu d’anachronismes, le film dévoile progressivement un message engagé contre les idées reçues. Tout d’abord, sur le degré d’émancipation des femmes au Moyen-Âge, lesquelles jouissaient d’une autonomie plus importante qu’à la Renaissance par exemple. Le film se clôt à la fin du Moyen Âge, par la naissance de l’État moderne, l’essor du capital et les prémices de la fuite en avant du progrès qui ont fait de l’époque médiévale le rebut de l’histoire, affublée du vice de l’obscurantisme hérité des Lumières et de clichés perpétués par Les Visiteurs.

Enfin, dans la veine de Miyazaki, le film est une ode à l’enfance, à la poésie et à la nature. Comme une invitation pressante à l’émerveillement, il apporte un peu de réflexion et de magie dans un monde qui n’a toujours pas saisi d’où il vient. Ce film radieux, poétique et désarmant de fraîcheur mériterait d’être projeté plus longtemps en salle. Certes, l’ensemble est atypique et revêt un aspect « spectacle CM1 ». Mais même le revêche Charles VII ne pourrait s’empêcher de fondre devant la bouille d’ange de son pendant fictif (Camille Loubens).

Verdict : 4/5 artichauts.

Juliet Copeland

2015 / France / 89 min. / 1.33 / 5.1

Réalisation : Hubert Viel

Bande annonce : https://player.vimeo.com/video/149652498

Plus d’informations/ extraits sur : http://www.potemkine.fr/Potemkine-film/Les-filles-au-moyen-age/pa61m4f261.html

(C) Potemkine Distributions

(C) Potemkine Distributions

Leave a Reply