Les expos cinéma à ne pas manquer

Le 7e art est à l’honneur cet automne avec plusieurs expositions majeures consacrées aux coulisses de la réalisation. Voyage dans le temps à la Cinémathèque ou voyage au pays de l’enfance avec les expositions Walt Disney et Harry Potter, l’évasion continue aussi à Nogent-sur-Marne à la découverte de la « fabrique du cinéma » française et à Perpignan, le temps d’une exposition rare dédiée aux premières affiches de films. Petit tour d’horizon :

De Méliès à la 3D : la machine cinéma.

© Cinémathèque.fr

© Cinémathèque.fr

Le riche patrimoine de la Cinémathèque française donne toujours lieu à des expositions ambitieuses. De Méliès à la 3D, la machine cinéma ne déroge pas à la règle et explore le rapport fécond entre avancées techniques et recherche esthétique, entre les idées géniales des réalisateurs et les moyens mis en oeuvre pour les mettre en image. Néanmoins, il vaut mieux se rendre à cette exposition avec quelques rudiments d’histoire du cinéma, au moins pour ne pas être complètement dépassé par des informations parfois très techniques censées condenser « 120 ans d’inventions au cinéma ». Une visite guidée prend ici tout son sens. Heureusement, le feuillet de l’exposition fournit une chronologie claire des principales avancées en termes de caméras, pellicules & autres bobines et rend la visite plus facile.

© Cinémathèque.fr

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Mais le visiteur retiendra surtout une expo spectaculaire et incroyablement cinégénique, tout en sons et lumières. On déambule entre des myriades de caméras, certaines légendaires comme la Technicolor, d’autres insolites comme la Van rees ou la caméra idéale de Godard, la « 8-35 ». Le tout ressemble à un immense plateau de tournage croisé avec un laboratoire et un cabinet de curiosités. Enfin, je recommande à tout prix l’expérience « Kinoscope » proposée à la fin de la visite, laquelle consiste en un un film-hommage au 7e art en réalité virtuelle. Sensations garanties.

  •  Cinémathèque française. Jusqu’au 29 janvier 2017. Plein tarif : 11 €. Tarif étudiant : 8,50 €.
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L’art des studios d’animation Walt Disney. Le mouvement par nature.

© Musée Art Ludique

© Musée Art Ludique

Le musée Art Ludique vaut à lui seul le déplacement. En plein coeur des Docks, on ne peut que se réjouir de la présence de ce musée consacré à l’art & à l’imaginaire contemporain véhiculé par les industries de divertissement. Après Pixar, le musée a donc choisi de s’attaquer à Disney, vaste programme donnant lieu à une exposition tout aussi colossale (400 oeuvres exposées). A l’aide d’une scénographie épurée laissant toute la place aux sublimes esquisses des « Neufs sages de Disney » et leurs successeurs, l’exposition relate avec brio toute l’histoire des studios, de Mickey au dernier-né Vaiana. Plus qu’une histoire, c’est une véritable leçon artistique qui nous est donnée. On ne s’attarde pas sur l’empire capitaliste mais sur les ressorts de la création au sein de cette inépuisable machine à rêves. Sur ce pari fou de rendre des personnages dessinés encore plus humains et touchants que des acteurs en chair et en os.

Et quel régal que de s’attarder devant les ébauches de Pinocchio avant de les comparer au rendu final. Confronté aux tâtonnements, aux recherches et même aux expériences scientifiques en laboratoire des dessinateurs (ne passez pas à côté de l’expérience sur la « lave » réalisée pour les besoins de Fantasia), le visiteur reste fasciné face à cette quête sans fin du mouvement le plus pur et le plus fidèle à la réalité. Quête formelle et naturaliste loin d’être aboutie comme en témoignent les dessins étudiés du château de glace de La Reine des neiges, dont toute l’architecture s’apparente à la structure d’un…flocon.

Presque tous les films (cruel manque de Peter Pan & d’Aladdin!) bénéficient au moins d’une petite salle avec croquis, vidéos et commentaires truffés d’anecdotes passionnantes, ce qui permet de s’attarder sur ses films favoris tout en constatant le travail titanesque de recherche accompli en amont de la réalisation de chacun des films (cf. les travaux sur l’anatomie pour Tarzan).

L’exposition n’est pas donnée mais vaut plus que le coup ET un audioguide vous est automatiquement fourni. Comptez environ deux heures pour prendre le temps de vous imprégner des explications et vous émerveiller face à la magie retrouvée des Disney. L’enfant qui sommeille en vous ne demande qu’à ressurgir à la vue des croquis extraordinaires retraçant la conception de ses personnages préférés (Dumbo et Maléfique pour ma part!).

  • Musée Art Ludique. Jusqu’au 5 mars 2017. Tarifs : entre 11 et 16,50 € (13,50 € pour les étudiants). Plus d’infos

Exposition Harry Potter à la Gare Montparnasse.

 

La magie opère toujours sur notre rédactrice © Elvire B. !

Gare Montparnasse, quai 24 trois quarts. En ce samedi 5 novembre, je me rends à l’exposition dédiée à la saga Harry Potter. Presqu’un mois a passé depuis la parution de la pièce de théâtre, Harry Potter et l’enfant maudit, co-écrite par JK Rowling et le dramaturge Jack Thorne ainsi que le metteur en scène John Tiffany. L’enthousiasme de la première lecture est passé, mais partout dans Paris, l’ouvrage occupe toujours une place de premier choix. Les librairies misent sur leur devanture, déguisent le livre de chapeaux de sorcière ou de gadgets en tous genre… Quand on sait qu’il a été traduit en 79 langues, on s’attend à tout niveau marketing !

Sur ce même quai, en revanche, pas grand monde. Mais tout de même, j’entends quelques enfants s’émerveiller devant la grande fresque des illustrations de Jim Kay. On en apprend un peu plus sur l’artiste, diplômé à l’université de Westminster, il a illustré notamment les deux premiers tomes Harry Potter et travaille également pour la télévision. Passionné des musées et des vieux livres, il exerce aujourd’hui son métier à Northamptonshire avec sa femme, créatrice de chapeaux. Ses dessins décorent le grand mur qui longe les rails du quai, on retrouve en premier lieu le professeur McGonagall et son air sérieux habituel, mais aussi Dumbledore sur fond vert, dévorant quelques bonbons magiques… Au milieu de la fresque, les héros de la saga, Harry et Ron font face aux visiteurs.

© Elvire B.

© Elvire B.

C’est une belle rétrospective proposée par SNCF Gares & Connexions et la maison d’édition Gallimard mettant en scène les principaux personnages dans leur univers magique. Il faut se montrer attentif aux détails : entre les dessins, des petits lutins se baladent, ainsi que des clés volantes, en référence au seizième chapitre du premier tome, Harry Potter à l’école des sorciers. Ravie de constater que le casting des films a respecté les dessins de Kay, je m’approche d’une araignée géante aux mille yeux inquisiteurs. Une petite fille d’environ cinq ans pousse un cri de frayeur, et se hâte de rejoindre son papa. Derrière moi, un jeune couple pressé tirant deux valises zieutent l’expo en discutant : “Sympa, j’aime bien ! Mais je connais mieux le monde du Seigneur des Anneaux…” En revanche, les plus jeunes, eux, sont dans leur élément. La création illustrée de Jim Kay est lumineuse et colorée, le contraste avec le gris quotidien des quais de gares est surprenant. Le village des sorciers s’étale en longueur, des cheminées rouges éclatent des bleues, vertes, jaunes… Dans le ciel, quelques dragons vagabondent tandis que volent des parapluies rayés, ronds et bigarrés. l’illustrateur nous peint la vivacité de ce monde extraordinaire, construit d’intrigues surnaturelles. À la fin de l’exposition arrive un train en provenance du Mans, des teenagers étrangers en sortent réjouis et se prennent en photo devant les images. Les Selfies Potter et Malfoy fusent dans tous les sens. S’évader et pénétrer le monde excitant et à la fois effrayant des sorciers ? Un pari réussi !

© Elvire B.

© Elvire B.

  •  Gare Paris-Montparnasse, Quai 24. Gratuit. Jusqu’au 10 janvier 2017.
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La Fabrique du cinéma, une histoire des studios dans le Val-de-Marne

© Collection Martin- Starewitch

© Collection Martin- Starewitch

A seulement 30 minutes de Paris, ne manquez pas d’entreprendre un autre « voyage à travers le cinéma français », cette fois-ci du côté des principaux studios : Joinville, Saint-Maurice et Bry-sur-Marne.

De Marcel Carné à Renoir, de Carnage à Hunger Games, l’histoire de ces studios mythiques, berceaux du cinéma français ayant contribué à son rayonnement international, réjouira tous les cinéphiles.

Le musée fait aussi la part belle à Ladislas Starewitch, un des pionniers du cinéma d’animation ayant résidé à Fontenay-sous-bois. C’est l’occasion de voir 4 films restaurés de ce « Méliès russe » à la patte si poétique.

  •  Au Musée de Nogent-sur-Marne jusqu’au 31 mai 2017. Entrée gratuite.
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1892-1929. L’affiche invente le cinéma

Connaissez-vous le genre du western camarguais? Le nom de la première réalisatrice au monde ou celui du rival oublié de Méliès, tout aussi génial et dont les « fééries » regorgeaient de trucages fabuleux? Savez-vous que le burlesque français connut son apogée dans les années 1910? Ou que les séries existaient déjà à cette époque (sous le nom de « sérial » qui plus est!).

L’Institut Jean Vigo (troisième collection d’affiches de France avec 54.000 pièces) fait le choix judicieux de dépoussiérer cette formidable aventure qu’a été la naissance du cinéma au travers d’une exposition unique (et gratuite!) lovée dans le majestueux couvent des Minimes. Où l’on fait un formidable voyage dans le temps pour découvrir les premières affiches du cinéma et leurs évolutions graphiques liées à l’essor de cette industrie (notamment leur progressive « vedettisation »). Elles sont accompagnées d’extraits vidéos des films respectifs et d’objets insolites comme les vieux sièges du premier cinéma de Perpignan, les tout premiers programmes des projections etc.

© Institut Jean Vigo

Si, à l’instar des vieilles publicités coloniales, certaines affiches font sourire par leurs accroches désuètes, d’autres semblent ne pas avoir pris une ride. Surtout, leur beauté artistique associée au coup de crayon reconnaissable de certains dessinateurs les rendent infiniment plus vivantes et touchantes que les posters impersonnels d’aujourd’hui. Choix audacieux de couleurs, caricatures, recours à l’abstraction… Les dessinateurs semblent avoir puisé dans tous les arts pour façonner le « Cinématographe » naissant, contribuant sans nul doute par là même à son succès exponentiel. Cette diversité graphique des affiches rend bien compte du foisonnement expérimental des débuts du 7e art, période charnière hélas trop délaissée de nos jours.

© Juliet C.

© Juliet C.

  • Au Couvent des Minimes (Perpignan). Entrée gratuite. Plus d’infos

 

Juliet & Elvire

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