Les dystopies : classement du Ciné club

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Le dernier cycle du Ciné Club, « Dystopies », projette les films Soleil Vert, de Richard Fleischer (1973), la Jetée, de Chris Marker (1962) en salles mercredi, et mercredi 16 avril Le Roi et l’Oiseau de Paul Grimault (1953).

Qu’est-ce qu’une dystopie ? Déjà, il y a peu de chances que ton correcteur word sache l’écrire. En fait, c’est tout simplement une contre-utopie. Souvent rapprochés des films de science fiction, les films dystopiques construisent un monde où ses membres ne peuvent pas atteindre le bonheur. Ce sont des moyens de prendre du recul par rapport à nos propres sociétés et d’en questionner les défauts.

Puisque le Ciné Club est très triste de ne pouvoir te montrer que 3 dystopies, l’Artichaut te propose une liste non exhaustive de dystopies, commentées par nos soins. Dedans, tu trouveras quelques pépites qu’il te faut absolument mater avant de mourir (RIEN QUE CA).

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Metropolis, de Fritz Lang (1927)

Si tu n’es pas adeptes de films muets et en noir et blanc, Metropolis te fera peut-être changer d’avis. Allégorie de la lutte des classes, Metropolis dépeint le monde en 2026. La société y est divisée entre une classe haute dirigeante et une classe basse ouvrière, chacune habitant un étage d’une ville monstre régulée par une terrible machine. Les ouvriers, épuisés par le travail quotidien, s’organisent autour d’une leader, Maria. Mais la classe dirigeante, qui s’en aperçoit rapidement, tente d’enrayer le mouvement. Les effets spéciaux sont incroyables pour l’époque, et le film est révélateur de l’état d’esprit de l’entre deux guerres, entre course au progrès et industrialisation, et montée des revendications sociales. Il témoigne aussi des craintes de dérives d’une société de plus en plus technologique, et des possibilités de régulation et d’oppression qu’elle permet, préoccupation qui reste d’actualité… Chef d’œuvre absolu de Fritz Lang désormais classique, Metropolis est définitivement un film à voir.

La planète des singes (3 versions)

Grand classique du cinéma dystopique, La planète des singes (la version de 1968 de préférence, réalisée par Franklin J. Schaffner) est un film à voir si ce n’est déjà fait. L’histoire, qui conte la découverte par des astronautes d’une terre où les singes auraient pris le pouvoir sur l’Homme, est doublée d’une réflexion sur notre société (en l’occurrence, celle des années 1960), ses inégalités et injustices, mais aussi sur la nature de la connaissance et de l’intelligence. Un beau classique de science fiction qui séduit par ses effets spéciaux encore rudimentaires en comparaison de ce qui se fait maintenant (pas de scènes 3D interminables à la Gravity), et son histoire qui ne peut pas laisser indifférent. Les suites, et notamment les plus récentes, sont de qualité variable. Il paraît que l’adaptation de Tim Burton est un vrai navet; tandis que La Planète des singes : Les Origines, avec James Franco est lui un bon gros film américain mais qui reste correct, perdant quand-même en charme par rapport au premier film. Un bon film qui, peu importe la version choisie, touchera sans aucun doute ton âme de primate.

Fahrenheit 451, de François Truffaut (1966)

Ce n’est pas le meilleur film de Truffaut, mais l’histoire, adaptée du célèbre roman de Bradbury, reste un classique. Le film tire son nom de la température d’auto-inflammation du papier et raconte l’histoire d’une société imaginaire dans laquelle les livres et la lecture seraient interdits. Les références aux interdits, à la censure, et aux mouvements de contestation des années 1960 sont nombreux, mais on te laisse te faire ta propre idée. Dans la même veine que 1984, les personnages principaux tentent à leur manière de lutter contre l’oppression qui considère le savoir comme subversif et dangereux. Dans leur quête, ils rencontrent notamment les « hommes-livres , des individus ayant dédié leur existence à l’apprentissage d’un livre intégral pour en préserver sa transmission..

 2

Brazil, de Terry Gilliam (1985)

Indiscutablement un des meilleurs films de science fiction. Tu n’as pas vu ce film ? Prends 2 heures et regarde-le. C’est l’histoire de Sam Lowry, un employé de bureau insignifiant dans un monde futuriste totalitaire. Son existence monotone est rompue lorsqu’il décide de réparer une erreur administrative qui a coûté la vie d’un homme. Evidemment, il n’aurait pas du et il devient malgré lui un opposant au régime – et un héros. Ce film magnifique est porté par la folie esthétique de Terry Gilliam qui dépeint un monde où le rêve et la liberté n’ont plus leur place. Contrairement à tout ce que Avatar et compagnie essayent de nous faire croire, les décors et effets spéciaux d’il y a 30 ans peuvent encore impressionner. Ajoute un casting trop cool avec Jonathan Pryce (Demain ne meurt jamais, Pirates des Caraïbes) et Robert de Niro (pas besoin de faire les présentations), et sérieux tu as un CHEF D’ŒUVRE. Ce film te laissera un effet durable, promis.

The Island, de Michael Bay (2005)

Le scénario avait l’air cool. En gros, l’histoire commence dans un micro-monde (oui il y a un m) clos d’où peuvent seulement sortir les gagnants de la Loterie pour aller sur l’Île. Alors qu’en fait, la Loterie n’en est pas vraiment une et l’Île non plus. Résultat, le héros découvre le pot-aux-roses et fuit cet endroit pour se retrouver aux Etats-Unis en 2019 (et accessoirement chercher sa copine). En plus, les rôles principaux sont joués par Ewan McGregor et Scarlett Johansson. Là, tu te dis que ça va être du lourd. Mais GROSSE DECEPTION CE FILM NE SERT A RIEN. Lorsque la « surprise » du film arrive (environ vers les ¾), on est déjà tellement blazé par l’histoire que ça ne nous intéresse même plus. Bref, ce faux film de SF à suspense ne convainc pas et ne réussira pas à te divertir, à moins que tu ne sois complètement in love with Scarlett.

Time out, Andrew Niccol (2011)

Là encore, on va pas se mentir, il n’y a rien de génial dans ce film. Si l’histoire est bien ficelée et réussit (plus ou moins) à te garder attentif, ce film reste un blockbuster destiné à te garder gentiment assis dans ton siège avec ton cerveau posé à côté. Au moins, le concept de l’histoire est stylé. Le temps, c’est de l’argent. Littéralement. Ajoute quelques riches et beaucoup de pauvres + Justin Timberlake et Amanda Seyfried, et voilà !

L’armée des douze singes, Terry Gilliam (1995)

Terry Gilliam est vraiment un génie. L’armée des douze singes est une adaptation de La Jetée (AU CINE CLUB MERCREDI 9 AVRIL : VIENS) absolument extraordinaire. Il fait partie de la courte liste des films pour lesquels le succès critique rencontre le succès commercial. Avec raison. Ce film catastrophe déjanté nous propulse dans les Etats-Unis des années 90. En 2035, cela fait des décennies qu’un virus mortel a décimé la planète. Parmi les survivants, des scientifiques, qui envoient des prisonniers dans le passé pour tenter d’arrêter l’épidémie avant qu’elle ne se produise. C’est comme ça que James Cole (Bruce Willis) est envoyé dans le passé pour tenter de sauver l’humanité (YEAH). Bonus avec Brad Pitt qui a raté l’Oscar de peu pour ce film.

**Bonus avec Nowhere de Gregg Araki, auquel on a dédié un article**

Et voilà, tu as maintenant une petite liste de dystopies commentées juste pour tes beaux yeux ! Evidemment, on a pas parlé de plein d’autres contre-utopies comme Orange Mécanique, Blade Runner, Bienvenue à Gattaca et on en a encore oublié plein.

Bwef, des gros bisous à toi.

Ton Ciné Club.

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