Interview d’un ovni: LE VASCO

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Le Vasco est un ovni musical. Après un premier groupe: FlapJack, les 5 membres originaires de l’Essonne se lancent dans un son violent mais toujours musical, entre Hip-Hop, electro et culture punk. Soutenus par l’Opération Maxi Puissance à ses débuts, le Vasco ne fait que monter vers le succès, et après un deuxième EP et les Transmusicales de Rennes, ils envisagent sérieusement leur début album. Leur musique est moderne, les live sont toujours envoûtants et le groupe, un gros coup de cœur de la rédaction.

Nous avons rencontré Le Vasco dans le cadre de leur concert pour Ricard S.A. Live Music (Le Vasco fait partie de la sélection FAIR 2014: un label de qualité pour les groupes français, qui donne accès a une bourse, une tournée et un suivi professionnel des artistes).

Nils, Louise, Raphael, Nicolas et Baptiste vous font un petit guide d’écoute de le Vasco.

Le Vasco @Max Gueudet
le Vasco – Live à la flèche d’Or

Dans « Histoire de Vasco« , un titre de votre EP [Passion things], cette histoire apparaît comme une rêverie, Le Vasco est-ce un rêve ?

Nils: Histoire de Vasco est un texte de Georges Schéhadé qui est euh…

Louise: Qui est un auteur dramatique qui a écrit donc cette pièce de théâtre en 1957. Notre nom, Le Vasco vient de la en fait. C’est le texte de présentation de la pièce lors de la première. On l’a choisi parce qu’il y a des éléments qui sans parler de nous directement sont interessant par rapport au groupe et ce qu’on veux faire passer comme vision du Monde aussi, l’histoire des soldats de plombs par exemple.

Nils: Ce qui nous a plu en fait c’est la démarche qu’il a eu quand il a sorti la pièce. Il s’est inspiré de faits très réels, de sa vie, de son fils. Cette démarche sincère, c’est ça qui nous plait.

Quand on parle de vous dans les médias, on vous compare a MIA, James Blake ou Flying Lotus, ou alors on ne sait pas trop, on vous catégorise comme un OVNI, au final de quelle planète musicale venez-vous ? 

Baptiste: Peut-être qu’on dit de nous que nous sommes des Ovni parce que l’on ne sait pas nous qualifier. On ne vient pas d’une planète musicale. On écoute tous énormément de choses; on est 5 dans le Vasco et chacun écoute des choses ultra différentes. Je pense que ca s’entends beaucoup dans notre musique, que c’est difficile de mettre des gros mots dessus, que nous même on a du mal a se classer dans un style. Je pense que le truc OVNI vient du mélange d’influences et surtout qu’on cherche pas a rentrer dans une case.

Baptiste - Guitariste de le Vasco @Max Gueudet
Baptiste – Guitare

Nicolas: En fait, plutôt que de rentrer dans un style, on se sert des styles pour faire notre musique, exprimer un truc. C’est plus un moyen qu’une fin.

Qu’est ce qu’écoute le Vasco alors ?

Baptiste: Moi j’écoute tout le temps Paul Desmond, un truc plutôt calme, c’est un saxophoniste, que j’aime beaucoup, qu’on aime tous je crois, Nicolas aussi. J’écoute aussi énormément de musique électronique, de techno, de trucs expérimentaux aussi. Voila, j’écoute de ça, et un peu d’autres trucs aussi..

Nils: On écoute tous des trucs assez différents en fait.

Louise: Faisons un tour de table du coup (rires). qu’est ce que t’écoute toi Raph ?

Raphaël: Moi ce qu’on écoutais dans la voiture là, j’adore vraiment. C’est Chaka Khan, Trough the fire. C’est un tube complètement ouf. (Nils chante le refrain). La chanteuse est complètement ouf. Mais ça ressemble vraiment très peu à ce qu’on fait nous. C’est peut être la la clé du mystère: on aime tellement de choses qu’a la fin on finit par faire un gros mélange ou un truc qui sert a rien.

Louise: Moi en ce moment j’écoute deux meufs: Julie Holter, une compositrice de Los Angeles et un groupe qui s’appelle TUnE-yArDs qui va sortir bientôt un nouvel album. Je l’ai découvert parce qu’ils ont fait une espèce de mini-vidéo avec tout leurs sons, collés et c’est complètement fou [galère pas mille ans à trouver, regarde la ici]. J’écoute aussi l’oeuvre de György Ligeti, ouais… [Les membres de Le Vasco ont fait le conservatoire NDLR]. On en a caché dans notre musique et j’ai regardé 2001, Odyssée de l’Espace [Ligeti a contribué à la BO du film de Stanley Kubrick NDLR]. C’est un compositeur austro-hongrois qui a perdu ses parents à Auschwitz,… (Nicolas: « C’est pas cool ça… ») Il lui est arrive plein de délires et il a fini professeur en Roumanie [Une des ses principale œuvre]

Nils: Moi j’écoute 3 choses en ce moment: Dirty Beaches, un bluesman d’aujourd’hui ce qui est intéressant c’est sa démarche:  c’est un vagabond qui voyage tout le temps, c’est le genre de mec qui va faire une tournée en Europe et poster un message Facebook « yo ya personne pour m’accueillir chez lui ce soir ? » ou qui emprunterais un Van pour faire Milan-Turin parce qu’il est en galère. Sinon j’écoute beaucoup Shéhérazade, un poème symphonique de Rimski-Korsakov.

Le Vasco, Nils - Clavier @Max Gueudet
Nils – Clavier

Nicolas: Moi j’écoute pas mal Yung Lean en ce moment. Un suédois de 15 ans, tout son truc est basé sur un truc naïf, triste, son collectif s’appelle Sad Boys. Tout un courant de Hip Hop qui se crée a partir de ca, visuellement ou musicalement et tout ca est très interessant, assez surprenant.

Vous parlez beaucoup de visuel, les clips sont quelque chose qui vous tiennent a coeur, la vidéo vous importe beaucoup ?

Raphaël: Ca nous importe beaucoup, parfois c’est nous qui les faisons, parfois c’est d’autres gens. Pour l’instant on a sorti un clip de la chanson the Wildest réalisé par deux amis: Lilian et Antonin. Un autre devrait sortir dans pas longtemps. C’est dans une piscine et ca parle d’une fille. Ils ont fait ces deux clips, les autres c’est nous. On aime bien ce système, parfois c’est nous, parfois des autres. On essaye avec des gens qui sont pas dans le groupe. On aime les chansons mais aussi les images, le web, il y a bien de truc qui nous plaisent et qui nous excitent. Pour autant on apprécie beaucoup que d’autres personnes proposent des trucs, ajoutent des choses.

Au niveau du processus de création comment ça se passe, vous avez un compositeur, ou chacun vient avec son idée et se bat pour la garder?

Louise: Chacun apporte ses matériaux, on en parle, on essaye et on essaie de structurer après avec les paroles..

Nils: Je dirais même qu’on marche par vague, on travaille plutôt plusieurs morceau. Il y a des périodes, des idées vont faire une batterie de morceau.

Pourquoi tant de violence dans votre musique ?

Nils: C’est vrai que c’est violent même dans les chansons douces, on se fait violence. Je pense qu’on essaie de faire des choses qui nous font de l’effet. On a été au début dans un truc très fort parce qu’on avait des choses a crier. Au fur et a mesure qu’on avance, ça ne radoucit pas mais ça s’affine. Mais on a besoin de ressentir quelque chose.

Nicolas: C’est vrai que dans le Set, c’est dans les moment de violence que j’ai l’impression de m’exprimer et c’est vrai qu’on a besoin de donner quelque chose de fort.

Louise: Personnellement, je crois pas que c’est en criant qu’on exprime quelque chose de fort mais dès le début ça a marché avec de la tension. On a un fil tendu à l’intérieur de notre musique, entre nous pour créer un lien.

Le Vasco - Nicolas - saxophone @Max Gueudet
Nicolas – saxophone

Vous avez fait les Transmusicales de Rennes cette hiver, Le Vasco est un groupe de festival ?

Louise: (rires) ce serait dommage de ne pas l’être. Non mais les Trans sont une expérience particulière, j’attends de voir d’autre festivals ou il y a moins un enjeux découvert.

Raphaël: On est toujours très pointilleux sur le son, c’est une contrainte des festivals. Mais surtout jouer de jour je trouve ça toujours très très différent que de jouer la nuit. Ça peut être très bien mais quand je nous imagine jouer, je nous imagine dans le noir. Vous en pensez quoi ?

Nicolas: Moi je suis d’accord avec toi.

Louise: Moi j’aime bien jouer de jour.

Nils: Moi j’aime pas jouer de jour sur une grande scène faite pour jouer la nuit, pleins de projos, faits pour la nuit. On essaie vaguement mais ça marche pas. Par contre jouer dans un cadre de jour, comme pour l’enregistrement des Beatles sur un toit, ou ils avaient mit des tapis… [ici]

Il y avait un réel enjeu aux Transmusicales, il y a un après ?

Louise: J’ai l’impression que ça nous a fait passer de la case groupe en développement à la case: « OK ce groupe existe vraiment ».

Nils: Ça, et les articles dans des journaux cool.

Nicolas: Et surtout les prochains mois sont remplis de dates pour nous. C’est agréable de voir que notre travail porte ses fruits.

Le Vasco - Nicolas - MPC @Max Gueudet
Nicolas – MPC

Vous affichez une certaine indépendance, c’est important pour vous ?

Louise: On voulait oui que notre mixtape soit en téléchargement gratuit. Le mode de rémunération qu’on demande c’est plutôt du partage. Sur les réseaux sociaux pour que le public participe à la diffusion. Parce que cette mixtape est surtout fait main, on a fait beaucoup de trucs nous même. Oui on cherche à être indépendant mais c’est la même démarche que nos clips: on fait nos images. On veux avoir du contrôle sur beaucoup d’aspect du projet qui ne se limite pas à créer de la musique. Quand à l’indépendance au niveau des labels, on va bientôt signer avec un éditeur [Pop Noire NDLR]. On est pas fermé aux partenariats, c’est sur que les majors ne nous intéressent pas trop, on préférerait signer chez un label indépendant mais on ne sait pas encore si on sera auto-producteur de notre nouvel album.

Vous y pensez à ce début album ?

Louise: On est en plein dedans là. On compose pour.

Quel est le meilleur moment pour écouter Le Vasco ?

Louise: En faisant du jogging c’est pas mal [dit avec l’accent de Bernard Frédéric NDLR]

Baptiste: La nuit en général c’est pas mal.

Nicolas: Dans le train.

Nils: Avec un bon système audio.

Raphaël: Dans la voiture ou très tôt le matin en partant en vacance.

Louise: En tout cas pas en soirée avec tes potes.

Nils: En fait ce serait a toi de nous dire.

Moi: sur le vélo, mais c’est un peu comme le jogging, c’est un combat avec toi même.

Question politique, une de vos premières composition s’appelle « It’s a war game » dans quelle guerre Le Vasco aurait pu prendre part ?

Louise: Une guerre pour la paix déjà.

Nils: Woodstock pour la guerre du Vietnam

Baptiste: En ce moment on a le choix, Ukraine, Centrafrique.

Louise: Moi j’aurais bien fait un live AID. Un festival pour soulever des fonds, contre le SIDA.

Un mot pour nos lecteurs ?

 Louise: Bon jogging !

Nils: Bon Jogging avec le Vasco.

>>> Facebook< <<

>>Site Web de la mixtape en freedownload<<

Max G.

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