« Le Rimbaud des Mathématiques » – Évariste, François-Henri Désérable

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Dans Évariste, son second roman à tout juste 28 ans, François Henri-Désérable nous dépeint la vie du mathématicien de renom Évariste Galois. Trop peu connu, ce jeune homme mort en duel à vingt ans a révolutionné la discipline des nombres en résolvant le théorème qui porte aujourd’hui son nom.

 

Les plus :

  • Un style fluide, presque poétique
  • Un héros trop peu connu à la vie passionnante

Les moins :

  • L’aspect mathématique est survolé, une probable déception pour les plus scientifiques d’entre-nous

Note : 4/5

 

« Le Rimbaud des Mathématiques ». C’est ainsi qu’Évariste Galois est désigné sur les bandeaux Gallimard en librairie. Car, bien trop compliqué à expliquer, l’aspect scientifique du travail de Galois n’est que survolé, au profit d’une approche plus artistique. Ce que certains peuvent trouver frustrant. Cependant, les références à l’aspect créatif de la discipline et les comparaisons avec le processus d’écriture, nous feraient presque aimer les calculs d’intégrales et autres dérivées. Galois était un génie.

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« Ce phallus au fer puddlé que le monde nous envie ». C’est dans un style volontairement provocateur, que Désérable romance la vie de révolutionnaire rebelle qu’a mené Évariste au début du XIXème siècle. Républicain, il se retrouve emprisonné suite aux Trente Glorieuses, après avoir été scolarisé au Lycée Louis Le Grand. Il croise ainsi le chemin de plusieurs figures emblématiques de l’époque : Robespierre ou plus tard, Nerval. On sourit d’ailleurs des mentions de ces personnages qui nous rappellent nos cours d’histoire(s), et des allusions sarcastiques à cette époque où la délation était la règle.

 « Le cœur est comme un palimpseste sur lequel on peut écrire l’amour avant de l’effacer ». Les comparaisons, souvent anachroniques, entre le XIXème siècle et l’époque contemporaine actualisent le récit et nous permettent presque de nous identifier au personnage d’Évariste. Jusqu’à son histoire d’amour épique avec la belle Stéphanie. Rythmé de lettre d’amour passionnées et de scènes qualifiées d’« érotiques », le récit fait ainsi d’Évariste un personnage romanesque jusque dans le drame : rien ne le prouve, mais c’est sans doute pour sa bien-aimée qu’il meurt en duel, après avoir résolu son fameux théorème.

Évariste, François-Henri Désérable, éd. Gallimard, 2015 - 16,90€

Marie Zafimehy

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