Le Festival Chorus – Report du vendredi 3.4.15

Festival Chorus

JoyCut

La soirée débute à 19h30 sous le dôme avec les trois italiens de JoyCut. Arrivées dans la salle, on découvre ainsi deux batteurs assis face à face et le troisième membre aux machines, au centre de la scène, à la fois auteur et chef d’orchestre. JoyCut produit une musique assez expérimentale, fascinante, basée sur de puissantes et lancinantes sonorités électro. Les trois artistes détournent les codes du rock traditionnel pour n’en ressortir qu’une version bien particulière sans aucun chant et avec des délires sonores particulièrement bruyants. Visuellement, rien de bien innovant n’est proposé, seulement un écran découpé en forme d’as de trèfle à l’intérieur duquel sont diffusés des bouts de vidéos contemplatives. Finalement JoyCut cherche à capter l’attention des spectateurs uniquement par ses morceaux : le 3ème du groupe placé au centre de la scène attrape sa guitare, finissant ainsi le show sur un ton religieux, presque incantatoire.

– Site officiel

 

Verveine

Ambiance mystique et envoûtante dans la salle tripante du “Magic Mirror”, qui allait parfaitement bien avec l’atmosphère intime du concert. Verveine fait tout : elle joue, mélange des sons célestes auxquels elle ajoute sa voix. D’abord un peu statique derrière ses machines, cette jeune suisse au physique androgyne affirme peu à peu sa présence avec une voix puissante et profonde qui accompagne des beats électro. Le show évolue progressivement, entre compositions intimistes et douces et véritables improvisations clubbing. En pleine perte de repères, on se laisse doucement envoûter par cette ambiance feutrée et cette voix mystérieuse. On ressort de la salle encore chamboulées par ce live assez prenant.

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Isaac Delusion

La soirée déjà bien engagée prend une toute autre envergure avec l’arrivée d’Isaac Delusion, quatuor héritier de la folk, aficionado hip-hop et enfant de la nuit. C’est de manière timide qu’ils s’installent sur la grande scène du festival avant que le chanteur lance le concert en emplissant l’espace de sa voix sensible, perchée, en contraste total avec son physique de grand bûcheron. Cette voix pétrie d’une émotion palpable se mêle à des sonorités électro maîtrisées, de puissantes basses et une virtuosité multi-instrumentiste qui donne au concert des allures de rêve ou de voyage vers l’espace. Le public, plutôt statique au départ, se laisse entraîner par l’énergie intense envoyée par le groupe sur des morceaux tels que Children of the Night ou Pandora’s Box. Le groupe joue également ses titres phares Early Morning et Midnight Sun recalibrés spécialement pour le live ou la pépite She pretends dont l’émotion parcourt le public, sous le charme.

Site officiel

 

Alo Wala – Personne de lumière

Alo Wala sur scène, ça ressemble un peu à M.I.A, qui aurait pris un peu trop de café, et dont la musique sonnerait un peu plus hip-hop. Alo Wala, c’est la réunion de la rappeuse Shivani Ahlowalia et du groupe Copia Doble Systema. La chanteuse est énervée, ou du moins, elle joue sur scène une envie contagieuse d’en découdre : dans une robe dorée très bling-bling, Shivani Ahlowalia s’agite, dans une sorte de transe joyeuse. Survoltée, excentrique, blagueuse, elle transforme son concert en fête. Accompagné de visuels hallucinés et kitsch, Alo Wala s’agite fiévreusement sur scène, et transmet au public son énergie électro-rap. A tel point que quand elle demande des volontaires pour se déhancher avec elle sur scène, elle est obligée de jouer la relou pour ne pas être submergée !

 

La Roux

On finit la soirée en beauté sous le dôme avec la tête d’affiche de la soirée : La Roux, à l’origine un duo pop et new wave mais aujourd’hui uniquement dirigé par Elly Jackson, chanteuse et claviériste au physique androgyne et à la crinière de feu. Malgré le peu de public présent au début du concert, la Roux a su faire grimper la température. Elly Jackson commence par un titre de son nouvel album Trouble In Paradise, Let Me Down Gently, et prend ainsi bien vite possession de la scène avant d’enchaîner sur Fascination, un titre de son premier opus qui suscite la satisfaction d’un public fin connaisseur. Les corps s’agitent face aux pas de danse à la Michael Jackson de la chanteuse et à la performance impressionnante de William Bowerman à la batterie. Le concert atteint son apogée sur le morceau Silent Partner à la fin duquel la Roux quitte la scène, bien vite rappelé par un public plein de fougue qui se déchaînera finalement sur Bulletproof avant de réserver une standing ovation aux quatre artistes sur scène.

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La Roux

 

 

Juliette Paraponaris et Carolines Magnan

 

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