Le Chagrin, deuil en demi-teinte

Le_Chagrin

Après une création à la Comédie de Valence en 2012, Caroline Guiela Nguyen présente sa création à la Colline en tant qu’artiste associée. Ce spectacle cherchant à explorer le sentiment du deuil est touchant mais se perd parfois dans les mots. (Crédits photo: Jean-Louis Fernandez)

Avis : 3,75 artichauts

Après la mort de leur père, un frère et une sœur se retrouvent chez leur tante avec une amie de la famille. La sœur, tout juste arrivée de Paris, est danseuse, tandis que le frère est employé de rayon d’une grande surface. Ensemble, ils tâchent de surmonter cette épreuve et retrouvent des rapports enfantins enfouis. Tous ont une névrose enfouie qui éclate dans le silence assourdissant de cette absence. La peur de l’abandon, la peur de voir son monde s’écrouler et de n’être plus considérée… les secrets émergent les uns après les autres, extraits par cette mort qui laisse un vide au milieu d’eux.

Le Chagrin © Elisabeth Carecchio

© Elisabeth Carecchio

La première chose qui frappe en rentrant dans la petite salle de la Colline, c’est la scénographie. Construite comme une espèce de cabinet de curiosités enfantines aux lumières bleutées tirant vers le violet. Un environnement dans lequel les comédiens ont évolué dès le début des répétitions provoquant ainsi une acclimatation remarquée à l’espace scénique. Le plus touchant réside dans les non-dits où respire une certaine naïveté. Les comédiens se maquillent, jouent à construire des poupées, jouent avec de la terre, et se créent tout un imaginaire dans lequel le public est catapulté.

Malheureusement le spectacle, et cette belle émotion se perdent parfois dans les mots qui ne sont paradoxalement pas si éloquents que les gestes des comédiens. Il n’est pas aussi percutant que l’est l’ambiance du spectacle et fait légèrement retomber ce que les actes avaient construit chez le spectateur. Le Chagrin reste cela dit un beau spectacle, très touchant.

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