« Le Carnaval des animaux » à la Fondation Cartier

Cai Guo-Qiang, White Tone (détail), 2016 Poudre à canon sur papier
Collection de l’artiste. © Cai Guo-Qiang

L’Artichaut fut invité par le Pôle Arts Plastiques à se rendre à l’exposition consacrée au Grand Orchestre des Animaux, à la Fondation Cartier pour l’Art contemporain. Ce fut l’occasion pour nous de découvrir un pêle-mêle d’œuvres centré autour de la représentation animale dans l’art contemporain. Les modes de représentation sont nombreux. Les œuvres également. Mais toutes forment un ensemble cohérent, laissant le spectateur s’imprégner du règne de la faune. Ainsi, les messages écologiques cohabitent avec la simple volonté de représenter. 

L’exposition de la fondation est donc une opportunité pour tous, de se plonger dans l’univers si particulier de ce que Camille Saint-Saëns nomma : “Le Carnaval des Animaux”.

 

Ainsi, le visiteur est premièrement frappé par la diversité des œuvres rencontrées. L’exposition n’étant pas consacrée à un seul et unique artiste, le travail du/des commissaire(s) d’exposition entre en jeu. Aux amoureux de la diversité des supports, il est impossible que vous soyez déçus. Entre photographies (grandes, à échelle humaine ou microscopiques), sonogrammes, schémas, peintures, chacun peut y trouver sa perle. Le cadre de la Fondation sublime cette richesse. On sort de cette exposition ravi par les couleurs, les sons, les sensations … Il faut aussi noter un travail d’assemblage inédit : peu de personnes croient en la combinaison des arts et de la science. C’est pourtant le défi qu’à relevé la Fondation. En effet, une réflexion est induite sur la biodiversité et les écosystèmes liés au monde animal. Ainsi, plusieurs œuvres de l’exposition sont sur le plan matériel des études scientifiques. On peut noter le travail de Bernie Krause évidemment, mais également le travail sur les oiseaux paradisiers et leurs parades nuptiales. On a donc un contraste intéressant qui questionne l’art contemporain sur les limites de sa représentation.

 

Cai Guo-Qiang, White Tone (détail), 2016 Poudre à canon sur papier
Collection de l’artiste. © Cai Guo-Qiang

Cai Guo-Qiang, White Tone (détail), 2016 Poudre à canon sur papier
Collection de l’artiste. © Cai Guo-Qiang

 

J’évoquais Bernie Krause. Il m’est impossible de passer à côté du travail de cet artiste/scientifique. La pièce maîtresse de l’exposition : une gigantesque salle. Sombre en apparence. Une épaisse moquette ainsi que des poufs sur lesquels peuvent s’allonger les visiteurs. Sur les murs, la représentation graphique de la musique diffusée. Un enchaînement de morceaux d’une dizaine de minutes chacun. Et dans la pénombre, les visiteurs se plongent dans cette symphonie. Ces morceaux n’appartiennent à aucun répertoire. Bernie Krause est parti enregistrer au sein même de la nature. Ses instruments sont la faune environnante. Il compose ainsi, en captant la musique de différents écosystèmes. Dès lors, cette salle apparaît comme le point d’orgue d’une exposition centrée sur un voyage au pays des Animaux.

 

Hiroshi Sugimoto, Alaskan Wolves, 1994 Tirage gélatino-argentique, 120 × 210 cm Collection de l’artiste. © Hiroshi Sugimoto

Hiroshi Sugimoto, Alaskan Wolves, 1994 Tirage gélatino-argentique, 120 × 210 cm Collection de l’artiste. © Hiroshi Sugimoto

 

C’est en effet une véritable immersion que propose également cette exposition. Car au delà de tout ce que l’on connaît de la faune, les visiteurs apprécieront l’inédit. Les parades nuptiales des paradisiers qui semblent imiter un grand nombre d’activités humaines, un ours dévorant un appareil photo sur son trépied, un panorama grandiose aux loups bien trop réels, une rencontre autour d’un point d’eau aux airs d’apocalypse, une initiation à la sape, un pêle-mêle de photographies microscopiques de ce qui fut à la base de tout (…) la liste est bien trop longue. Ainsi, la Fondation Cartier pour l’Art contemporain nous a offert une exposition mêlant sens et sensations. Le Pôle Arts Plastiques du Bureau des Arts ayant récemment monté un partenariat avec l’enseigne, il vous est vivement conseillé de suivre leur actualité pour découvrir leur prochaine exposition. Car l’art qu’elle prône questionne les mobiles, les supports et bien sûr l’art lui même.

 

Bernie Krause, Île de Saint Vincent, Floride, 2001 Photo : Tim Chapman

Bernie Krause, Île de Saint Vincent, Floride, 2001 Photo : Tim Chapman

 

Les + : L’exposition est impressionnante, de par la diversité des modes de représentation et le cadre de la Fondation.

Les – : Rien ne semble entacher l’exposition.

 

Pour plus d’informations sur les expositions de la Fondation Cartier pour l’Art contemporain, rendez-vous sur leur site : http://www.fondationcartier.com/?gclid=CLeusfn9yNICFYQ4GwodDgUE5g

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