La La Land : promesse tenue ?

© Lalaland.movie

Il faut l’admettre, La La Land réunit tous les éléments du film prometteur qui semble trop beau pour être vrai. Un hommage aux grands films d’Hollywood, 14 nominations aux Oscars, des critiques plus que positives dans tous les médias et un jeune réalisateur qui nous avait déjà conquis avec son précédent film (Whiplash). Ainsi, je me suis engagée dans la salle de cinéma avec beaucoup de défiance. Avant de succomber au charme de cette comédie-musicale-dramatique.

Un film-hommage assumé

On plonge tout de suite dans le vif du sujet avec un grand numéro musical, sur une bretelle d’autoroute de Los Angeles. Puis, on suit le parcours croisé de Mia (Emma Stone) une aspirante actrice qui enchaîne les auditions en espérant enfin décrocher un rôle et celui de Sebastian (Ryan Gosling), un puriste du jazz qui collectionne des objets ayant appartenus/eu un contact avec ses idoles afin de les exposer dans son futur club de jazz. Ils se croisent à trois reprises, se tournent autour avant d’inévitablement succomber à leur attraction mutuelle. Cette première partie du film est très joyeuse, colorée, se concentre sur l’espoir, les rêves des protagonistes et leur inéluctable rapprochement. Si on accepte de se laisser emporter par l’histoire d’amour classique (que certains pourraient qualifier de mièvre), on passe un bon moment en se laissant bercer par les jolies musiques de Justin Hurwitz.

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En tant que bon français chauvin, on ne peut qu’apprécier les emprunts faits aux chefs-d’œuvres de Jacques Demy : Les demoiselles de Rochefort et Les parapluies de Cherbourg, qu’on retrouve dans les décors, costumes et même la musique. Les amateurs du genre s’amuseront à déceler les autres clins d’œil disséminés par le réalisateur, rappelant des scènes mythiques avec Gene Kelly, Cyd Charisse, Fred Astaire, Ginger Rogers… En cela, les rares démonstrations de danse des acteurs principaux souffrent de la comparaison avec ces légendes.

Une comédie dramatique touchante

Puis, une fois le coup de foudre terminé, on passe aux choses sérieuses. Les deux protagonistes tiennent à leurs rêves mais doivent se confronter à la réalité. Chacun faisant des sacrifices nécessaires, leur relation s’étiole lentement mais sûrement. Et c’est à cet instant que le film devient plus intéressant, quand Chazelle semble enfin s’éloigner des grandes références et trouve son propre ton. On voit alors que le vrai thème du film n’est pas l’histoire d’amour, mais la difficulté de poursuivre ses rêves.

Ryan Gosling, dans le rôle de Sebastian est plus charmant qu’à l’accoutumée. Il sait se montrer drôle et charmant tout en étant insupportable. Mais on ne peut s’empêcher de penser que d’autres acteurs auraient pu donner plus de corps à ce personnage, en première ligne Miles Teller, le héros de Whiplash. L’interprétation de Gosling, qui est bonne mais sans plus, souffre de la comparaison avec celle d’Emma Stone. On voit légèrement plus le personnage de Mia à l’écran et ce n’est pas pour nous déplaire. Stone est incroyablement touchante. Aussi bien pendant les auditions où elle est interrompue sans cesse, malgré l’intensité dramatique des scènes qu’elle interprète, que dans ses confrontations avec Sebastian. Elle ne se contente pas de bien jouer, en plus elle chante. Les talents de danseurs des deux acteurs ne sont pas exceptionnels mais il faut reconnaître qu’ils ont bien travaillé leur solfège. Ryan Gosling a même appris à jouer au piano pour l’occasion. Leurs voix s’accordent parfaitement avec leur personnage et la musique d’ Hurwitz.

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Une fin en apothéose

Ses compositions rythment le film et changent de tonalité en suivant la narration de plus en plus sombre. Les mélodies enjouées et rythmées du début prennent peu à peu plus de profondeur et suivent le parcours des héros. Puis arrive la fin de l’histoire, où le réalisateur prend un malin plaisir à nous refaire le film, dans le film (INCEPTION !!). On suit alors un tableau musical où l’on retrouve de nouveau des clins d’œil aux comédies musicales américaines. Mais toutes ces références ne nous font finalement que peu d’effet comparé à l’émotion que l’on ressent en revoyant ces deux personnages faire leur chemin de vie. Les petits défauts du film, moments de longueur ou de mièvrerie sont alors oubliés. On est pris dans ce tourbillon inattendu d’émotions.

Alors oui, La La Land fait partie des films taillés pour les Oscars, SAG Awards et autres récompenses. Il a d’ailleurs déjà raflé 7 Golden Globes en Janvier dernier.  On passe un bon moment, on apprécie les deux facettes complémentaires du film (jazz et cinéma) et on tombe amoureux des héros. Mais si on y réfléchit, d’autres films nous auront plus marqué cette année, avec des univers plus originaux comme Divines ou MoonlightLa La Land est un bon film, touchant et drôle, que je recommande chaudement mais sans plus.

Faustine

Bande-annonce : ici

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