La Philharmonie de Paris vous tend les bras

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Métro Porte de Pantin. Contournez d’abord La Cité de la Musique par la droite. Argh… le périphérique. Tournez-vous plutôt vers la gauche cette fois. Sans précipitation levez lentement les yeux. Devant vous se dresse à présent un imposant bâtiment anguleux, il se fond dans le paysage urbain, tout de gris vêtu. Et pourtant il s’en détache par un certain élan. L’attrait de la nouveauté : c’est la Philharmonie de Paris, la toute nouvelle salle de concert parisienne. L’œuvre de l’architecte Jean Nouvel ouvre ses portes le 14 janvier prochain. Nous avons eu la chance de visiter le chantier de la Philharmonie un mois avant son ouverture, l’Artichaut partage ce privilège avec vous.

Dans une salle de 33OOO mètres cubes à la disposition qui reste classique, frontale mais aux balcons courbes et asymétriques, les premiers auditeurs assisteront à un concert de l’orchestre de Paris dirigé par Paavo Jarvi en présence du violoniste Renaud Capuçon et de la pianiste Hélène Grimaud. Où l’agréable et l’utile se mêlent, ils verront planer au-dessus d’eux, sereins et sans embruns, des nuages, sculptures de bois dont on devine également le rôle acoustique. Acoustique par ailleurs unique qui permet au flux sonore de passer derrière les gradins légèrement détachés des murs : les spectateurs seront submergés par la musique. Et tout cela dans une dizaine de jours… normalement.

Sans titreGrande salle de concert

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En effet, ce n’est pas sans soulagement que l’on voit enfin l’œuvre se parachever. Depuis sa prime conception, le projet a bravé bien des obstacles. Les réticences politiques et les hésitations financières, les retards montrent quelles difficultés peuvent s’opposer à la volonté d’innovation et de modernisation à Paris. Néanmoins l’équilibre musical s’établit peu à peu de part et d’autre de la capitale. Symbole de changement et d’ouverture par son emplacement, la Philharmonie l’est également par son souhait de conquérir un public moins averti et de révéler les mélomanes de demain. Ainsi le mur recouvert comme tout le toit de milliers d’oiseaux métalliques et qui couronne la façade sud, pointe la direction de la petite couronne, se dirige vers d’autres publics aussi.
La Philharmonie répond du reste à une autre nécessité qui devenait pressante : trouver un lieu de résidence pour l’orchestre de Paris. C’est chose faite et comme l’ambition semble être le maître mot de cette réalisation, ce n’est pas un mais cinq orchestres dont l’orchestre baroque Les Arts Florissants de William Christie qui s’y trouveront réunis. Il convient enfin de souligner la polyvalence de ce lieu d’exception qui accueille des studios de travail pour les Ateliers pédagogiques d’éveil musical, créés l’origine à la Cité de la Musique – désormais Philharmonie II ; une surface de 800 mètres carré d’exposition temporaire, des salles de conférences et un restaurant panoramique complétant le tout.
Il ne s’agit plus que de cesser de parler au futur. Les prétentions sont-elles disproportionnées ? Le défi semble immense ? Il ne tient qu’à vous de le relever et de faire vivre cet endroit incomparable ! Tout y concourt : l’attraction de l’édifice original aux multiples facettes, la programmation qui ne sera pas traditionnelle unissant dans une même saison le pianiste de jazz Brad Meldhau et le monstre sacré de la musique classique Daniel Barenboïm, enfin les prix des plus attractifs (notamment l’abonnement jeune à 8 euros).
On dirait bien que la Philharmonie vous a compris. Courez-y ! Elle vous tend les bras !

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Laetitia Giorgi

Photos (Robin Carrier)

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