La mode au Moyen-Âge

La Tour Jean-Sans-Peur, monument médiéval parisien, accueille jusqu’au 15 janvier prochain une exposition dédiée à la mode médiévale, des principales évolutions aux portées sociales qu’elle implique.

La mode au Moyen-âge, vaste programme : comment résumer les évolutions vestimentaires d’une période aussi longue – 1000 ans – et aussi peu sourcée ? C’est le parti pris de l’exposition, qui, après un rapide résumé de l’évolution des styles de la période romaine au début de la Renaissance, se concentre plus particulièrement sur le Bas Moyen-âge, c’est à dire du XIIIe au XVe siècle. Période privilégiée car plus documentée, et correspondant à la période de construction de ce bâtiment étonnant, dernier vestige de l’hôtel des Ducs de Bourgogne, construit sur la base de l’enceinte de Philippe Auguste.

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(Tour Jean Sans Peur)

L’exposition, en plus d’être très bien documentée et illustrée de détails d’enluminures médiévales, présente plusieurs reproductions de costumes, aussi bien féminins que masculins. Ces reproductions nous permettent de nous rendre compte des tenues portées par nos ancêtres, dans une période où très peu de vêtements ont été retrouvés et conservés. Ces reproductions, du pourpoint (veste matelassée) de Charles de Blois au costume de fou du roi, servent à illustrer les trois principaux thèmes de l’exposition : paraître, se jouer du vêtement et la symbolique sociale du vêtement. C’est avec l’aristocratie de la fin du Moyen-âge que le phénomène de mode apparaît, l’apparence devenant signe de richesse en opposition aux principes chrétiens. Une attention très particulière est donnée aux coupes, qu’elles soient très ajustées ou larges, moulant le corps ou l’exagérant à coup de rembourrage, aux tissus, devenant de plus en plus luxueux avec l’augmentation des échanges commerciaux avec l’Asie et aux accessoires. Le costume, habit de tous les jours, est aussi utilisé pour les fêtes, en tant que déguisement : on peut citer par exemple la célèbrement funeste histoire du Bal des Ardents, où le roi Charles VI et ses suivants, déguisés en hommes sauvages recouverts de poils et de poix, s’enflammèrent au contact d’une torche, en 1393. Enfin, le vêtement a une signification sociale très importante, signe de la richesse de son porteur, il peut aussi être une marque de discrimination pour les groupes stigmatisés.

Mode féminine et masculine, début XVe siècle (Tour Jean Sans Peur)

Mode féminine et masculine, début XVe siècle (Tour Jean Sans Peur)

Cette exposition, bien qu’un peu rapide, est très intéressante et didactique. Elle nous montre bien que, même à une époque très chrétienne qui dénonçait la coquetterie et les effets de mode, les excès étaient très présents et les nobles ne se limitaient pas pour leur parure, voulant à tout prix accentuer leur origine sociale et leur statut. On appréciera la reconstitution d’un atelier de  tailleur, qui permet une approche originale des métiers du costume à cette époque, ainsi que la tissothèque, petit jeu didactique pour apprendre à reconnaître les différents types de tissus et tissages de l’époque.

Une petite exposition à prix mini à conseiller à tous les amateurs de mode ou d’histoire médiévale, ainsi qu’aux curieux avides de découvrir un monument peu connu de Paris, mais très beau et chargé d’histoire.

 

Léa Brémond

 

INFOS

Jusqu’au 15 janvier 2017, ouvert du mercredi au dimanche, de 13h30 à 18h

Tour Jean Sans Peur, 20 rue Etienne Marcel, 75002 Paris, métro L4 : Etienne Marcel

Entrée : de 3 à 5€

www.tourjeansanspeur.com

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