La mécanique des dessous

corset-blue

L’histoire des silhouettes nous est contée au musée des Arts Décoratifs. L’univers caché des formes nous est dévoilé avec beaucoup de goût ; la semi-pénombre instaure un climat intime assez approprié. Les mystères des transformations corporelles sont percés à jour : du corps de fer au XVIème jusqu’au corset puis à la gaine au XXème  on voit le corps de la femme perdre sa rigidité, sa froideur, sa solennité pour gagner en souplesse, en volupté ; le dos se cabre, les seins se dessinent et s’exhibent.  La présentation d’extraits de films est très bien venue puisqu’elle permet de se rendre compte du rendu des différentes tenues (ce qui est un peu plus difficile quand elles sont suspendues ou mises sur des mannequins). A la fin de l’exposition, on voit un mannequin pour chaque époque, leur grande disparité est impressionnante ! Les mannequins sont de plus en plus grands et de plus en plus filiformes jusqu’à ce qu’ils deviennent nos mannequins androgynes.
En fonction des époques, les modes et coutumes se métamorphosent. Peu à peu l’homme abandonne le pourpoint, la redingote, les rembourrages, apparats de la noblesse et de la bourgeoisie naissante pour les ceintures gainantes : le culte de la virilité et de la minceur s’impose au fur et à mesure que l’on poursuit l’exposition.  Cependant, la mise en valeur de leur sexe reste une constante ! La braguette avec rembourrage interne du XVIème siècle mimant l’érection, laisse place au slip kangourou avec poche qui moule adéquatement les formes.

Capture d’écran 2013-12-01 à 19.19.50

La collection de l’exposition est vraiment très sympa et les reconstitutions des mécanismes des différents sous-vêtements permettent de mieux comprendre leur fonctionnement. On apprend avec étonnement (semi-étonnement) que ni les poupées ni les enfants n’ont pu échapper au diktat de la mode ! Les poupées devaient ressembler à ces Dames, et les enfants devaient tenir (à l’aide de corps de fer) leur corps mou ! Il est aussi possible de se prendre pour une délicieuse princesse de ces temps révolus en essayant les divers habits mis à dispositions. Attention, pas de jaloux, l’homme aussi peut jouer au bourgeois ou au seigneur en portant la fraise.

Capture d’écran 2013-12-01 à 19.20.41

Toute la partie sur le XXème et le Xème  siècle est vraiment superbe avec des tenues de quelques grands couturiers mais, surtout, les pubs pour les gaines et les slips. Saviez-vous que « la pilule donne parfois de rondeurs, Triumph donne des dessous pour les effacer » ou, que seul le slip français permet de faire des omelettes ?

Louise P.

Leave a Reply