La Madame Butterfly de Bob Wilson

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Madame Butterfly est une œuvre lyrique en trois actes composée en 1904 par Puccini. L’histoire qui nous est contée est celle d’une jeune femme japonaise, qui rencontre dans sa ville natale un officier de la marine américaine. Ce dernier la demande en mariage. Or, ce qui n’était pour lui qu’un jeu se meut en une véritable passion amoureuse pour elle. Une passion destructrice, pour laquelle elle ira jusqu’à renier sa famille. Abandonnée peu de temps après la noce par son mari, O-cio-san (« Madame Papillon » en japonais) ne pourra jamais se résoudre à cesser d’attendre son retour.

Une destinée tragique, sublimée par la saisissante mise en scène de Wilson. Cette reprise de la création originelle de 1993 nous emporte au pays du Soleil Levant.

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© Florian Kleinefenn

 

 

Sur scène, le décor est minimaliste : une toile tendue constitue l’élément principal, sur lequel sont projetées des lumières dynamiques. Cette technique appelée « cyclorama » permet de faire évoluer visuellement l’intrigue, à mesure que celle-ci se développe. Le jeu des lumières crée ainsi une interaction entre décor et personnages, un élément esthétique cher à Wilson.

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© Opéra National de Paris

 

 

Les costumes impressionnent de par leur épure. La simplicité des formes noires et blanches est compensée par l’impression de lourdeur qui émane des tissus, ceux-ci se balançant au rythme des gestes des acteurs. La chorégraphie des déplacements est d’ailleurs remarquablement stylisée, malgré quelques longueurs. Durant le Premier acte, l’avancée aérienne du choeur sur scène le long d’une route sinueuse est un tableau frappant de beauté.

La gestuelle de scène inspirée du théâtre Nô permet de catalyser les émotions dans une énergie presque statique, avec une grande pudeur. Cette quête de la pureté du mouvement donne d’autant plus de place à la voix des solistes : Ermonela Jaho est bouleversante dans son attente inespérée face au ténor Piero Pretti.

La direction musicale tempérée permet de maintenir un équilibre entre leurs chants et la musique de Puccini.

« J’ai donné à ces terres mes larmes ; elles me doivent bien leurs fleurs. »

Madame Butterfly, Acte II

Courez vivre ce drame intense et subtil, avant que le rideau ne tombe le 13 octobre prochain.

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Infos Pratiques

Madame Butterfly, Opéra de Giacomo Puccini, 1904.

[Italien, avec sous-titrage français et anglais]

Mise en scène de Robert Wilson.

Direction musicale par Daniele Rustioni.

Dernières représentations les 7, 10 et 13 octobre 2015.

Réservations sur le site de l’Opéra National de Paris https://www.operadeparis.fr/billetterie/1-madama-butterfly ou rendez-vous dès 18h le jour du spectacle à la Billetterie de l’Opéra Bastille. A chaque représentation, 30 places de dernière minute à 5€ (placement dans l’orchestre, debout) sont mises en vente aux bornes automatiques. Les moins de 26 ans bénéficient également de réductions allant jusqu’à -75% sur les billets invendus en salle.

 

 

 

Juliette Hiroux

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