La Fine Equipe, y’a pas de contre-indications

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Si je vous dis qu’il y a un lien entre La Fine Equipe et le concept de Boulangerie, ça vous parle ?

A l’occasion des Transmusicales, OOgo, Chomsky et Mr Gib ont répondu à mes questions et sont surtout là pour faire danser tout Rennes ! La Boulangerie 3 signe donc la fin du cycle Boulangerie, un album qui regroupe un tas de collaborations donnant naissance à des titres sublimes. Une bonne dose de beats, des extraits de films, des thèmes qui marquent et voilà les ingrédients adéquats pour une recette qui déchire.

 

Je peux enfin déclarer mon admiration pour La Fine Equipe et ça, c’est beau. Mais pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas, vous vous présenterez comment ?

OOgo – C’est un collectif de beatmakers, on s’est rencontrés à Marseille autour du scratch puis on a évolué vers le beatmaking et la production. Au tout départ on était vraiment 3 aux platines, maintenant on est 4 ! Avec Chomsky on s’est rencontré à Paris quand on était encore en école d’ingé son. On est tous montés à Paris après, parce que pour la musique c’est plus simple. Donc on est ingé son, beatmakers, producteurs et créateurs d’un label, Nowadays !

 

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à fonder un label ? Une prise de position par rapport à la situation de l’industrie de la musique aujourd’hui ?

Chomsky – C’est pas forcement engagé, c’est surtout parce qu’on est dans la musique depuis un moment et qu’on a toujours fait ce qu’on avait envie de faire par rapport aux albums. On voulait s’enregistrer alors on a fait un studio d’enregistrement, on a voulu finaliser nos albums alors on a fait un studio de mastering. C’est surtout parce qu’on voulait faire notre projet nous-mêmes, avoir le contrôle total de nos trucs. C’est un collectif de potes à la base et maintenant ça devient quelque chose de plus gros avec des artistes comme Fakear !

 

Justement, sur La Boulangerie 3 on retrouve pas mal de collaborations et notamment avec Fakear (« Cheese Naan »), pourquoi ces choix ?

OOgo – Fakear c’est quelqu’un qu’on a rencontré sur des concerts. Il écoutait La Boulangerie à l’époque, la première qu’on a sortie en 2008. Suite à ça, il nous a demandé si on était chauds pour sortir son premier EP, « Morning in Japan », donc on lui a sorti son EP sur notre label puis un deuxième récemment, « Sauvage ». C’est devenu un ami avec qui on collabore et on avait un morceau qu’il kiffait bien sur La Boulangerie, d’où le feat parce que ça marchait super bien !

 

Je suis tombée sur pas mal d’articles qui vous assimilent à Chinese Man Record, vous en pensez quoi ? Vous sentez que vous partagez un univers commun ?

Ça, c’est parce qu’on vient du sud !

OOgo – C’est un peu le même univers en fait. On est cousins dans le mouvement musical et le mouvement beatmusic en ce moment est super intéressant, y’a énormément de morceaux disponibles notamment sur SounCloud, y’a une vraie offre. Après c’est aussi le délire de la Boulangerie de faire une photographie du paysage musical français. Donc y’a des gros gars comme 20syl et d’autres pas trop connus comme SNKA ou Khryo par exemple. En gros, c’est l’envie de montrer tout ce qu’il se fait en France en ce moment en ayant quand même un liant par cet univers commun et ça grâce aussi aux extraits de films qu’on a ajouté dans les morceaux… « Le cholestérol qu’on va se taper ! » (rires)

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Par rapport à SoundClound et les autres plateformes de diffusion, c’est davantage un frein ou un booster pour vous ?

OOgo – Faut vivre avec son temps donc ça fait partie  des outils qui sont disponibles pour rendre la musique accessible, alors il faut s’en servir. Faut pas rester bloqué comme les majors qui ont mis longtemps à accepter ce truc là et qui sont maintenant un peu à la bourre. Spotify et Deezer sont des plateformes un peu comme iTunes, c’est quelque chose qui rapporte de l’argent donc c’est pas du tout un frein mais plutôt une nouvelle façon de consommer la musique par la dématérialisation. C’est plutôt bien en fait car ça rapporte aussi de l’argent aux artistes. Pour moi c’est une plateforme comme était la Fnac avant, c’est juste une évolution.

Chomsky – Faut juste un petit peu de temps pour que ça se mette bien en marche et que chacun s’y retrouve.

OOgo – Et ça marche plutôt bien quand même ! Après y’a SoundCloud qui pour l’instant est purement gratuit mais ils sont en train de légaliser plus le truc. Ça reste des endroits géniaux dans le sens où y’a énormément de musique qui se partage…

Chomsky – Ca multiplie les champs d’accès à la musique !

 

 

10 ans que vous faites de la musique ensemble, 2 ans que vous tournez, quelles évolutions à constater ?

OOgo – Le premier album, La Boulangerie, rien qu’en 2008 y’avait encore le CD qui était important mais on voyait déjà que chaque année, y’avait 30% de ventes en moins. Pour nous c’était peut-être même le dernier CD. On savait pas comment ça allait continuer du coup, d’où l’idée de La Boulangerie. Réunir tout le monde sur un seul CD.

 

 

Ce qui vous a amenez à vous lancer dans le projet de LFE ?

Chomsky – On vient chacun de milieux artistiques hyper différents. Perso, j’ai de la famille dedans donc c’est une affaire très familiale et puis c’est quand je les ai rencontrés que je me suis vraiment mis à la production et au beatmaking.

Mr Gib – Moi j’ai fait de la musique, on va dire, plus classique, j’ai joué d’un instrument pendant longtemps et j’ai découverts le scratch. Du coup j’ai tout laissé tomber, j’avais envie de faire que ça ! C’était une époque aussi où c’était tout nouveau, y’avait vraiment un engouement et une envie de participer au mouvement et de le faire évoluer. Je parle de l’époque où les DMCs jouaient encore sur vinyles. Tous les ans y’avait des surprises, un mec qui allait sortir une nouvelle technique, c’était super excitant. Après ça s’est calmé, même si de toute façon le scratch ça reste un truc de niche pour gens un peu spé et c’est notamment autour de ça qu’on s’est rencontrés avec Oogo et Blanka.

 

Les Trans, une histoire d’amour ?

Mr Gib – La première fois aux Trans c’était les Bars en Trans…

OOgo – Maintenant on est au Parc Expo donc on est super contents ! On peut voir que notre projet est proposé  dans le programme officiel  et que ça touche plus de monde. Là c’est particulier parce qu’on va jouer plusieurs fois cette nuit, donc ça va être une longue nuit… On a un premier live à 21h et ensuite on va faire des Djs sets puis on va surement refaire un live un peu plus tard.

 

Si vous deviez aller à un festival en tant que spectateur en France ?

Le World Wide !

Chomsky – Ouais ils ont une bonne prog’, c’est un peu comme les Trans parce qu’il y a une prog qu’on retrouve pas partout dans les festivals en France.

OOgo – En plus c’est à la plage, c’est dans le sud, y’a quasiment tous les artistes de l’année qu’on a bien aimés. C’est une valeur sûre ! Après c’est peut-être le festival le moins français…

Chomsky – C’est un festival anglais en fait !

 

La scène de beatmaking sur laquelle vous vous appuyez le plus ?

Chomsky – Los Angeles !

OOgo – Ah le label Stones Throw quand même, c’est une super fabrique de bonne musique. Et ouais Los Angeles y’a pas mal de bonnes choses, y’en a aussi au Canada, en Nouvelle Zélande et en Australie si je dis pas de conneries.

Mr Gib – En gros c’est là où y’a du soleil…

 

Pour terminer cette interview de façon absolument pas originale : l’univers de LFE en un mot ?

OOgo – Le « BEAT »

Mr Gib – « Electro-Hiphop »

Chomsky – « Boulangerie »

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Maywenn Vernet

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