Jupiter, un space opéra dans les règles de l’art

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Jupiter : Le destin de l’univers
Un space opéra dans les règles de l’art
3 / 5 Artichauts

Les Wachowski sont de retour, trois ans après Cloud Atlas, avec Jupiter : Le destin de l’univers (ou Jupiter Ascending – beaucoup plus classe), un cocktail de tous les clichés de films de science-fiction auxquels vous pouvez vous attendre.

Commençons par le personnage principal (et éponyme) : Jupiter Jones (Mila Kunis), la jeune terrienne qui ne se sent pas à sa place dans sa vie, qui rêve d’en échapper mais qui y est désespérément bloquée. Ajoutez un aventurier mercenaire pas très loquace (Channing Tatum) qui lui sauve la vie et l’emmène loin, très loin de sa petite vie. N’oubliez pas d’y mêler une rivalité d’envergure intergalactique entre trois frères et sœurs (Eddie Redmayne, Douglas Booth, Tuppence Middleton) très riches, très puissants et tous à la recherche de Jupiter pour l’être encore plus.

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Jupiter, c’est donc beaucoup de déjà vu, et ce jusque dans le visuel : robes importables et combinaisons moulantes sur fond d’étoiles filantes, flammes de tous les côtés lors de l’explosion d’une raffinerie, palais à mi-chemin entre Naboo et Rivendell… Le film est truffé de ressemblances avec Star Wars – tellement qu’on arrête rapidement de les compter. On retrouve aussi une romance un peu niaise entre une princesse et un vaurien (avec les mauvaises tactiques de drague qui vont avec) et les petites vannes sur la naïveté des terriens à se croire toujours les seuls dans l’univers. On retrouve le thème du temps, ce seul bien à avoir encore de la valeur lorsqu’on a déjà tout le reste, et du capitalisme impitoyable prôné par le grand méchant. On retrouve beaucoup de choses donc.

Les fans du genre apprécieront toutefois les images. Car si celles-ci ne sont pas profondément originales, elles sont jolies – et c’est déjà ça. Les Wachowski nous offrent notamment une très belle course-poursuite à travers les rues et les gratte-ciels de Chicago (qu’ils redécorent allègrement au passage). Les acteurs forment une brochette sympathique et insufflent une bonne dynamique au film : Mila Kunis est assez drôle et attachante en Cendrillon interstellaire ; Channing Tatum (qui a vraiment des problèmes d’oreilles ces temps-ci – décollées dans Foxcatcher, pointues dans Jupiter) campe un légionnaire mi-humain mi-loup bourru (et tombe la chemise) ; Eddie Redmayne a une bonne voix et une bonne attitude de méchant ; Douglas Booth joue le beau gosse de service ; et Sean Bean [spoiler] ne meurt pas au bout de dix minutes (un vrai miracle !).

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Jupiter réuni bien des topoi du genre, ce qui en fait un film plutôt familier et confortable, prévisible mais toujours agréable. C’est, somme toute, un bon divertissement, avec tout ce qu’on peut imaginer d’un film dont le sous-titre français est « le destin de l’univers ».

Charlotte Merveille

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