Interview – We Are Match « made in heaven »

We Are Match

Je suis ravie de partager une bière en happy hour avec vous ! Alors, pour vous présenter, selon Vikidia, We Are Match est « un groupe français de rock. Ils passent souvent sur Radio Nova et ils chantent Violet ». Vous ajouteriez quoi ?

Simon – Je trouve ça très bien (rires)

Gwen – On n’est pas vraiment un groupe de rock

Simon – Mais je pense qu’on aime le rock !

Aurélien – L’énergie rock en tout cas, après c’est vrai qu’on a ajouté des petits trucs assez électroniques

 

Avant We Are Match vous vous appeliez sobrement Match. C’est parce que vous êtes de gros fans de foot ? L’interview de So Foot le prouve !

Gwen – En fait, ils ont une rubrique culturelle qui est assez intéressante. So Foot c’est un truc un peu bobo-foot, burgers à Paris, quartiers branchés tout ça. Et ça parle de foot des années 70, après faut être un passionné et se coucher en regardant des coups francs de Michel Platini en 71

Simon – Je me souviens du mec qui nous avait interviewé pour So Foot, il était super intéressant ce gars. Il travaillait pour So Film aussi, il faisait plein de références au cinéma avec le foot et même pour les non-initiés c’était vachement intéressant

 

Pour en revenir à cette histoire de Match puis We Are Match ?

Simon – C’est une histoire un peu compliquée, tu sais y’a une phrase anglaise, ou américaine je sais plus, qui fait « We are match made in Heaven » et ça veut dire « nous sommes des âmes-sœurs »

Aurélien – On trouvait ça plus cool l’idée de collectif alors que juste Match, les gens comprenaient pas

 

Vous avez laissez tomber les chats au fait ? Parce que lorsque je suis tombée sur vos photos avec les têtes de chats, je me suis demandé si vous n’étiez pas un groupe de hipsters à la con

Simon : En fait à la base, c’était vraiment une blague parce qu’Aurélien miaulait souvent et ça vient aussi du fait qu’on voulait pas vraiment montrer nos visages. On n’aime pas trop les images de groupes où ils sont derrière une usine et tu te dis « ah putain ceux-là font de l’électro un peu indus»

Gwen – T’assimiles très vite l’image à la musique et nous on voulait que les gens découvrent notre musique avant de se référer à une image propre

Simon – Moi par exemple j’arrive pas à écouter un groupe où j’ai vu l’image où, par exemple, ils sont dans une forêt avec une guitare acoustique. Je me dis « ah ouais merde c’est un groupe de folk encore ». On aimait bien le principe de voir l’image et de se poser la question « c’est qui ce groupe ? », comme toi peut-être ! C’est qui ce groupe de hipsters ? Ou, c’est qui ce groupe de je sais pas quoi ? Peut-être que tu te trompais pas ou que tu te trompais…

Aurélien – C’est marrant parce que cette photo, qui est partie d’une blague, a répondu à énormément de questions et justement, ça a pu agrémenter notre propos. On s’est rendu compte que ça nous correspondait complètement du coup on a surfé sur cette vague là

 

Vous tentez de contrôler votre image encore aujourd’hui ? Par rapport à ce qui circule sur le net par exemple ?

Simon – Non on s’en fout un peu. Tu sais maintenant nos visages apparaissent partout quand on fait des lives ou des trucs comme ça, on va pas se cacher du coup !

 

Y’a un remix de Relizane qui est sorti, avec entre autre le travail de Thylacine, Kid Wise et Griefjoy. Vous vous sentez proches de ces artistes ? Ça représente un gap musical total par rapport à ce que vous avez l’habitude de faire

Simon – En fait c’est aussi des artistes de notre génération, on a un peu tous sorti nos trucs en même temps et même si c’est de l’électro, nos styles se rejoignaient sur plein de choses et c’est ça qui est intéressant. On peut voir comment eux appréhendent nos chansons et la musique en général

Aurélien – Ils ont fait un putain de truc sur nos remix

Gwen – Maintenant notre musique ne nous appartient plus vraiment, elle est sur internet, elle est partagée. On s’est même retrouvés avec des remix complètement improbables du fan club des Sacramento Kings, l’équipe de basket de Sacramento, qui avait fait un remix euro dance. Et quitte à ce que notre musique ne nous appartienne plus, autant que les gens fassent vraiment ce qu’ils veulent. Du coup, on a demandé à nos potes de tenter un truc et ça a super bien fonctionné

Aurélien – Ils ont surtout joué le jeu en fait, parce qu’aujourd’hui tu demandes un remix, souvent tu payes, le gars il fait son taff et il s’en fout. Là, on a demandé à des gens qui étaient vraiment impliqués, genre Kid Wise ils ont mis tellement de temps parce qu’ils ont remixé un interlude qui faisait trente secondes en morceau de trois minutes avec leur vision du truc

We Are Match

En vous voyant au Café de la Danse le 7 avril dernier, j’ai fait un rapprochement peut-être complètement à côté de la plaque, mais vous mettez tellement l’accent sur les harmonies vocales qu’en live ça peut faire très revival Beach Boys

Simon – Bah, pour les harmonies, on s’amuse pas à décrypter ce que font les Beach Boys pour les copier. C’est juste qu’on a l’habitude de chanter ensemble et qu’on commence à connaître nos voix respectives. Après les Beach Boys ouais c’est mortel, on adore les harmonies vocales, on trouve que c’est le truc le plus naturel qui puisse donner un peu d’émotions, parce qu’on fait de la musique un peu pop et énergique parfois, et les harmonies vocales enrobent tout ça d’un truc un peu plus humain

Aurélien – Tu te mets vraiment à nu quand tu chantes

Simon – On n’a pas trop d’instruments quand on compose, c’est pour ça qu’on chante ensemble à ce moment-là et, en fait, toutes nos chansons peuvent être retranscrites avec une guitare et juste en chantant. C’est pas un truc très facile les harmonies

 

Vous tentez de partager quoi avec votre public en live ?

Simon – On adore l’énergie du live, cette espèce de hargne gentille qu’on a en nous et c’est aussi pour ça qu’on aimerait bien que le public comprenne les paroles, même si c’est en anglais, parce qu’elles comptent vraiment pour nous. Par exemple, pour l’album tout ce qui lie les morceaux c’est les paroles du coup on aimerait bien que les gens puissent se reconnaitre là-dedans

Aurélien – Y’a une forme d’exutoire dans le fait d’aller voir un concert, on parle à des gens qui sortent du travail, qui étaient en costards toute la journée devant un écran du coup faut transformer leur quotidien et faire un truc qui les transcende. On essaye ! C’est vraiment un exercice qui est hyper compliqué et on n’est pas du tout maîtres en la matière

 

Grosse fiesta à Rock en Seine ?

Aurélien – C’est ça !

Gwen – C’est marrant parce que y’a trois ans en fait, je me rappelle, on sortait de deux semaines de composition, on avait vraiment écouté de la musique à fond et j’avais dit le jeudi « bon bah je vais à Rock en Seine les gars vendredi, du coup on rentre un peu plus tôt » ils m’avaient demandé comment j’allais faire avec ces deux semaines de composition. Mais du coup j’y suis quand même allé, c’était assez marrant. Voilà pour l’anecdote… Elle était à chier cette anecdote (rires)

Aurélien – C’est ta meilleure anecdote (rires)

Gwen – Non non, j’en ai plein d’autres mais elles viennent pas !

 

Y’a un truc qui m’avait marqué sur Relizane, d’ailleurs je sais pas trop comment prononcer ce mot, à l’anglaise ou non…

Aurélien – (rires) mais en fait c’est une ville en Algérie ça n’a rien à voir. C’est une ville où vivait ma grand-mère et tout le thème de l’EP traitait de cette histoire de paradis perdu et puis je racontais aux gars l’histoire de ma grand-mère qui a vécu à Relizane avec son mari. Ils avaient dû être séparés pendant la guerre et ils se sont retrouvés là-bas.

Simon – En fait pour nous Relizane c’est un peu la métaphore du changement !

 

On les retrouve le 28 août à Rock en Seine, jour de sortie de leur nouveau morceau « The Skark » et le 21 octobre à la Maroquinerie

 

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Propos recueillis par Maywenn Vernet

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